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lunes, 17 de noviembre de 2014

La caravane d'Aytozinapa visite le Chiapas et les Zapatistes

Le Mexique s'embrase petit à petit, suite à l'affaire des 43 disparus de Ayotzinapa, dans l'état du Guerrero, où après une manifestation la police a donné au crime organisé 43 étudiants, qui au jour d'aujourd'hui sont totalement introuvable.

Une caravane de familles de disparus et d'étudiants s'est rendue au Chiapas, pour chercher des soutiens et rencontrer les zapatistes

C'est l'affaire de trop pour le Mexique. La disparition des 43 étudiants de l'Ecole Normale Rurale Raul Isidros Burgos soulève tout le pays contre le Narco Etat et contre le système en général.

Les manifestations se multiplient dans tous les pays, réunissant chaque fois plus de monde. Le parlement du Guerrero, le Palais du gouverneur de l'état, la porte du Palais National ont pris feu ... La douleur et la digne rage du peuple ne cesse de croître face à un gouvernement complètement incappable de donner des solutions aux questions : Où sont nos étudiants ? Pourquoi est-ce la police Municipale qui les a donné au cartel ?
La semaine dernière les familles des disparus et les étudiants de l'école Normale, ont annoncé qu'ils allaient organiser différentes caravane pour parcourir tout le pays. La toute première est arrivée à San Cristobal de Las Casas, "C'est un de nos grands objectifs de notre lutte de venir au Chiapas pour visiter les Zapatistes, un mouvement pour nous qui représente une vraie alternative".

A leur arrivée à San Cristobal 10 000 personnes ont participé à une marche spontanée de solidarité.






Les parents des disparus ont pris la tête de la marche avec les photos de leur fils disparus depuis maintenant plus d'un mois. Bien que le gouvernement les ait annoncés, il y a quelques jours, comme assassinés, brûlés sur des charniers, ils refusent de croire en cette version. 

Les discours sur la place de la Résistance, furent fort, et malgré le froid de cette ville de montagne les personnes sont restées présentes. Pour commencer, un étudiant a énuméré les 43 prénoms des disparus, la foule criant à son tour "présent" !

"C'est l'heure de nous rassembler pour un mouvement national. C'est bien plus d'une démission dont nous avons besoin. Celles ci nous importent pas ! Nous devons nous organiser depuis le bas comme les Zapatistes ont dit ! C'est pour cela que nous sommes ici ! C'est pour cela que c'est notre première étape ! Nous avons déjà plus de 20 municipalités occupés !"

De nombreux habitants de San Cristobal peu habitués au manifestation, se sont malgré tout rassemblés sur la place pour afficher leur soutien aux familles des victimes ! La place était noir de graffitis, exigeant l'apparition en vie immédiate des 43. La marche a plutot été pacifique, bien que quelques symboles du système furent molestés (Graffitis sur les bus des grandes compagnies nationales, attaque contre un camion de la Coca Cola).
"Le voyage que nous avons réalisé est pour donner un message à l'état, nous ne croyons plus en cette forme de gouvernement, ni en ses institutions" a commenté un étudiants.

Voir le reportage photo de la marche du 15 novembre à San Cristobal

Le lendemain, la caravane est partie à une heure de route de la ville coloniale pour visiter le Caracol d'Oventik. Des centaines de Zapatistes cagoulés attendaient les intégrants de cette caravane "pour les écouter". Depuis le début de l'annonce de la disparition, l'EZLN s'est mobilisé pour soutenir les familles et étudiants. Au début du mois d'octobre, et en moins de 3 jours les Zapatistes avaient convoqué leur bases d'appui pour une marche silencieuse. 20 000 avaient répondu à l'appel.

Lire le Discours de bienvenue du Commandant Javier
Lire le discours d'introduction du Commandant Tacho

Les familles des disparus ont pris la parole, pour expliquer leur souffrance, leur douleur, et leur lutte. Pour eux ce ne sont pas des démissions qui seront suffisante, c'est une problématique de fond qu'il faut changer. Ce ne sont pas que leurs enfants qu'il faut retrouver, mais les 20 000 disparus du Mexique.
Le Sous Commandant Moisés, nouveau porte parole de l'EZLN depuis la disparition du Sous Commandant Marcos, fut clair et majeur. Reconnaissant le valeureux effort du mouvement, il les a avertis sur les risques de division, des personnes qui les soutiennent uniquemment car c'est un phénomène de mode. Un discours qui était une véritable leçon sur comment mener une révolution.
"Là bas en dehors on débat sur la violence ou la non-violence, alors que celle ci s'assoie tous les jours autour de notre table, à l'école, à la maison, au travail...." SsCommandant Moisés.
Lire le Communiqué intégral de Moisés
Enfin, les intégrants de la caravane sont revenus sur San Cristobal pour donner une conférence de presse, face aux médias libres et aux médias de paie. Dans celle-ci les familles ont été claire : "Le motif de notre visite est de chercher des soutiens, le gouvernement ne fait qu'assassiner et réprimer." a déclaré la mère de Jorge Anibal Cruz Mendoza, le père de Alexander Mora a quant à lui dénoncé : "Tout ce qui vient du gouvernement est négatif, ils ont arrêté 60 personnes et ne savent toujours pas où sont nos enfants ! Le gouvernement nous ment !"
En effet la tante d'un autre disparu a raconté que le gouvernement a annoncé avoir eu les témoignages de 3 personnes qui ont expliqué qu'ils avaient brulés sur un charnier les 43 étudiants, mais elle dénonce le fait que ces 3 témoins avaient été arrêtés avant la disparition.

       
Le motif de leur visite est aussi d'articuler un mouvement national, non seulement pour retrouver les 43 mais pour se poser des questions de fond.
"Nous n'alons pas nous rendre, nous commençons à peine a conclu l'étudiant normaliste, "soyez très attentif à ce qu'il va se passer dans l'état du Guerrero, "nous avons déjà 20 municipalités occupées, et ce n'est qu'un début !"
Lire le compte-rendu de la Conférence de presse (es)
Aux questions des journalistes présents, le jeune a éclaircit sa vision quant à sa visite avec les zapatistes : "je crois que nous connaissons tous la position zapatiste, il y a une grande différence entre tout ce qu'il se passe dans le pays aujourd'hui. Ce ne sont pas les zapatistes qui nous ont dit de venir, mais nous qui sommes allés les chercher. Ils nous ont bien dit qu'ils ne voulaient diriger personne. Seulement écouter notre parole et nous suggerer de visiter ceux qui d'une forme ou d'une autre souffrent de la même chose que nous à travers tout le pays"
Une étincelle est en train de jaillir au Mexique. Le 20 novembre, un appel à la grêve nationale est appelé. Pena Nieto, le président du Mexique est au sommet du G20, une provocation de plus pour un peuple qui croit de moins en moins en son pouvoir, en la corruption, au cynisme de ces derniers.
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