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martes, 23 de enero de 2018

La solution, c’est vous : arrivée du CIG au caracol de Morelia


reportage de Radio zapatista
mardi 24 octobre 2017

La solution, c’est vous – Le Conseil Indigène de Gouvernement arrive au caracol de Morelia, Chiapas.

Reportage de Radio zapatista, 15 octobre 2017
Traduction 7NubS
(Note : dans toute la région autour d’Altamirano et d’Ocosingo, le réseau de téléphonie cellulaire a été suspendu à partir du 15 octobre et la connexion internet y est extrêmement précaire, ce qui coïncide curieusement avec le passage de la caravane du CIG et de sa porte-parole…)

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Au Caracol d'Oventik, des dizaines de milliers de personnes accueillent le CIG
"Ni la porte-parole, ni le Conseil Indigène de Gouvernement, ni les zapatistes ne sont la solution : la solution, c’est vous". A quelques mots près, c’est ce qu’a dit la commandante Miriam au nom du Commandement Général de l’EZLN, durant l’acte de réception du CIG et de sa porte-parole au caracol de Morelia, Chiapas. Ce vous, interpellé pas seulement par la parole, mais dans la pratique, par l’exemple.
Impossible de décrire ce que fut ce 15 octobre 2017 en territoire zapatiste. Vers 7h30 environ, la caravane du Conseil Indigène de Gouvernement sortait de Guadalupe Tepeyac, dans la Selva Lacandona, en direction du caracol de Morelia. Pendant ce temps, depuis le jour précédent, des milliers et des milliers de bases de soutien zapatistes arrivaient au caracol, ainsi que des indigènes des villages adhérents à la Sixième déclaration de la Selva Lacandona et des miliciennes et miliciens. De bonne heure, une double file s’était formée à l’entrée à l’entrée du caracol au niveau du local du collège autonome zapatiste, un grand espace qui, en deux mois, est devenu le nouveau siège du caracol situé dans une structure impressionnante construite grâce à l’effort collectif et les économies des coopératives. Un kilomètre de femmes, d’hommes, d’enfants et d’anciens, attendant l’arrivée du Conseil Indigène de Gouvernement et de sa porte-parole, tandis qu’à l’entrée du caracol un groupe de musique jouait à côté du camion qui devait amener Marichuy jusqu’au lieu de l’évènement. Des milliers de personnes qui ont attendu ainsi durant plus de six heures, sous le soleil et la pluie, l’arrivée de la caravane qui avait dû subir de nombreux contretemps le long du trajet.
Lorsque la caravane arriva finalement, la fatigue disparut. Marichuy, acompagnée par des commandantes et des commandants et une insurgée de l’EZLN, est alors descendue du véhicule qui les emmenait avant de monter sur le camion.
Un kilomètre de hourras, un kilomètre de joie dans la verdure de ces montagnes que les peuples indigènes ont protégé, grâce à tellement de sacrifices. Impossible de ne pas penser, à ce moment-là, aux tribunes politiques remplies de gens amenés sur place pour recevoir des sandwichs et des bibelots, obligés de supporter les humiliations pour recevoir les miettes avec lesquelles le candidat du jour achète leur soi-disant loyauté. Mais la différence, ici, c’est que ce récent Conseil Indigène de Gouvernement est le leur. « Nos grands-parents ont rêvé de cela », entendait-on dans les haut-parleurs à l’entrée du nouveau caracol. « Ils n’ont pas pu le voir, mais c’est à nous que cela revient, à notre progéniture de vivre ce moment ».
En entrant sur place, nouvelle surprise. Une énorme double file de miliciens et miliciennes de l’EZLN, alignée avec toute la discipline et l’organisation que nous connaissons bien maintenant, mais qui ne cesse jamais de surprendre, pour recevoir Marichuy et les commandantes. C’est de cette manière qu’elles ont parcouru jusqu’à l’estrade le grand espace et ses nombreuses constructions décorées de grandes fresques, face à une grande esplanade où s’étaient rassemblées les milliers de personnes présentes.
C’est comme cela, par l’exemple, qu’ils nous ont toutes et tous interpellés, avant de le faire par la parole. Après le message de bienvenue du Conseil de Bon Gouvernement et de la Commandante Elizabeth, c’est à l’EZLN que revint la parole, à travers la voix de la commandante Miriam.
S’adressant aux femmes, la commandante fit un rappel de ce que fut la vie des femmes avant le soulèvement de 1994. Sans ce rappel, ce qui se passe ici n’est pas compréhensible. La dureté du labeur, les humiliations, les viols. Les enfants forcés de travailler depuis très tôt, punis avec des fourmis dans les mains s’ils n’y arrivaient pas, étant trop petits pour cela. Les dettes jamais closes, qui obligent les hommes à travailler indéfiniment pour le patron, obligeant de cette façon les femmes à travailler à la milpa pour survivre durant les rares moments où elles-mêmes ne travaillent pas pour le patron. Ensuite, la fuite vers la forêt, à la recherche de liberté. La création postérieure de communautés sur de nouvelles terres. Et la reproduction de l’oppression envers les femmes de la part des hommes, qui « portaient le mode de pensée du patron ».
Entre ce temps-là et le temps d’aujourd’hui, il y a l’organisation, le soulèvement, la lutte interne menée par les femmes, la construction d’une réalité différente. Elles sont maintenant membres du Conseil Indigène de Gouvernement, commandantes, membres des Conseils de Bon Gouvernement, celles qui ont parlé durant ces évènements et qui accompagné Marichuy. C’est elles, celles qui sont en première ligne dans cette initiative, celles qui, par leur parole et leur exemple, nous invitent à passer à l’action.
« Mais aujourd’hui, ils veulent qu’on leur cède de nouveau nos terres, et pas seulement les meilleures terres, mais toutes celles que nous possédons », fit savoir la commandante Miriam. Cette initiative, c’est pour cela. Mais elle fut aussi très claire : « Ce n’est pas la porte-parole ni le CIG ceux qui vont nous sauver. C’est nous-mêmes, les femmes. Parce que le CIG est là pour obéir… Si tu ne luttes pas, compañera, personne ne va le faire pour toi ».
Comme cela a été répété de nombreuses fois, le Conseil Indigène de Gouvernement ne promet pas de solutions : c’est une invitation à l’organisation. Jusqu’à maintenant, informa Marichuy, le CIG compte 141 conseillers de 35 peuples provenant de 62 régions du pays, et il est toujours en cours de construction, avec la prétention de couvrir 93 régions du pays. Des conseillers et des conseillères dont la tâche est d’écouter et d’obéir au mandat des peuples, en agissant par le biais de leur porte-parole.
Lorsque la première partie de l’évènement prit fin, la nuit était déjà tombée. Le repas fut ensuite suivi d’un spectacle culturel festif suivi finalement, comme toujours, par la musique, le bal, la fête, qui s’est prolongée jusqu’au petit matin. Dans les brumes de l’aurore, les conseillères et les conseillers du CIG et leur porte-parole se préparent pour monter dans les camions en direction du caracol de La Garrucha. Nous, nous restons, avec un sentiment de gratitude et de responsabilité.

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