jueves, 16 de mayo de 2013

Les Zapatistes sont toujours la CQFD


MEXIQUE

Les zapatistes sont toujours là !


paru dans CQFD n°109 (mars 2013), par Jérôme Baschet, illustré par 
Loin des leaders charismatiques et des causes purement exotiques, les zapatistes refont parler d’eux. Des habitants de San Cristóbal de Las Casas tirent un premier bilan de la récente action d’éclat – bien que silencieuse – des communautés rebelles du Chiapas [1].
Depuis la grande marche du 13 Baktun, ce jour du 21 décembre 2012 où plus de quarante mille zapatistes ont occupé silencieusement plusieurs villes du Chiapas, la marmite maya n’a cessé de bouillir. Dans les villages tzeltales, tzotziles, tojolabales et choles, on s’affaire. Dans les Caracoles, on construit de nouveaux bâtiments, de nouvelles places. Les réunions se succèdent. On consulte, on redistribue les tâches. « Beaucoup de travail », rapportent les bases d’appui zapatistes. « On se prépare depuis longtemps… », « Ça va bientôt commencer… »
Par Rémi {PNG}
Nombreux sont ceux qui, à San Cristóbal de Las Casas, vivent dorénavant entre soulagement, euphorie et attente. Les adhérents de la Sixième Déclaration de la Selva Lacandona, lancée par l’EZLN en 2005, échangent leurs impressions : « Enfin ! Il était temps ! Ça fait un moment qu’on attendait ça ! », s’exclame Paolo, célébrant la fin de quatre années de silence quasi complet de l’Ejercito zapatista et de repli relatif des communautés indiennes. « Ils ont brisé le blocus médiatique, et cela de manière surprenante, imaginative, en associant politique et poésie ; c’est pour cela qu’ils ont réussi à toucher le cœur des gens. » Pour Jasmín, habitante de San Cristóbal, c’est « une bouffée d’air frais, dans un moment de désespérance pour le pays, avec le retour du PRI. [2] Je suis émue de penser qu’ils peuvent toujours construire des réseaux d’espoir. Ils ont des propositions. Ils ont avec eux plein de jeunes qui n’étaient pas là en 1994. Ils ont beaucoup avancé avec l’autonomie. » « C’est le moment d’apprendre de l’expérience des communautés zapatistes, de leur générosité, de leur force, s’enthousiasme son amie Noémi. C’est incroyable ce qu’ils arrivent à faire avec si peu de moyens. Ce qu’ils sont capables de montrer, nous n’en avons pas encore mesuré la valeur. »

Bien sûr, les doutes et l’inquiétude sont à fleur de peau. Forte d’une longue expérience due à sa participation à des mouvements de lutte en Amérique centrale, Victoria reste dubitative : « On attend toujours de comprendre où ils veulent en venir ! » Paolo, lui, craint qu’ils ne s’enferrent à nouveau « dans le petit jeu du pugilat avec la gauche électorale », qui a tant contribué à l’isolement des zapatistes après l’Autre campagne de 2006. Pour Jasmín, le risque est que la société civile mexicaine ne soit pas à la hauteur des propositions zapatistes. Mais Victoria, pour le coup, met ses doutes de côté : « La société civile va peut-être enfin se mobiliser, après toutes les invitations qu’ils nous ont faites. Je pense que cela va arriver… »

Depuis l’impressionnante mobilisation surprise du solstice d’hiver, les communiqués de l’EZLN se succèdent à un rythme quasi quotidien. Rien à voir avec l’abstinence communicative des années précédentes, dont on comprend aujourd’hui qu’elle ne témoignait pas d’une décomposition de l’EZLN – comme les médias et les intellectuels bien-pensants l’avaient un peu trop vite proclamé – mais d’un travail silencieux de préparation. Tantôt il s’agit de facéties du sup Marcos qui se croque, à moitié nu, sous une pluie de flèches lancées par ses critiques. Tantôt c’est un très officiel communiqué adressé au président de la République et à son gouvernement, rebaptisés Ali Baba et les quarante voleurs, comportant seulement le dessin d’un vigoureux doigt d’honneur au président Peña Nieto, en réponse au lancement très médiatique de sa croisade nationale contre les pauvres… pardon, contre la faim, et ce, rien moins qu’à Las Margaritas, l’une des villes occupées par l’EZLN en 1994 et, à nouveau, à la fin de l’an dernier. Une vraie provocation, à la lisière de la zone d’influence zapatiste ! Tantôt, encore, l’EZLN annonce la nomination d’un deuxième sous-commandant en la personne de l’ex-lieutenant-colonel tzeltal Moisés, signe d’une importante réorganisation interne. Le tout accompagné, à chaque fois, de clips, pour le plaisir de la danse, pour faire un tour du monde des références musicales zapatistes, ou encore de dessins animés politico-humoristiques [3].

De cette nouvelle étape de la lutte zapatiste, qui se dévoile en prenant son temps – ce qui met à l’épreuve bien des impatiences occidentales –, ce que l’on sait est déjà substantiel. Les deux organes nés de la Sixième déclaration de la Selva Lacandona, en 2005, l’Autre Campagne, rassemblant organisations et collectifs mexicains, et la Zesta Internacional – qui aurait dû mener à l’organisation d’une nouvelle rencontre « intergalactique » – fusionnent dans ce qui se dénomme désormais « La Sexta » : non pas une organisation centralisée, mais un réseau de luttes anticapitalistes. Il est mis fin ainsi à une séparation entre les actions propres au Mexique et celles qui se déroulent ailleurs. Il n’y a plus même lieu de parler du « national » et de « l’international » : la Sexta nouvelle version se donne un seul terrain d’action, la planète Terre. Certes, la dimension internationale du mouvement zapatiste n’est pas nouvelle et remonte à la Rencontre intercontinentale pour l’humanité et contre le néolibéralisme de 1996. Mais, pour une organisation comme l’EZLN, dont le nationalisme viscéral a pu déconcerter nombre de sympathisants européens, c’est un pas considérable. De fait, le sous-commandant Marcos ne signe plus ses messages de son traditionnel « Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain », mais « Depuis n’importe quel recoin de n’importe quel monde »…

Les communiqués soulignent qu’il n’est plus guère nécessaire de débattre du Non qui nous rassemble, à savoir un anticapitalisme conséquent, « en bas à gauche » et hors de la voie étatique et électorale. Il convient désormais de nous concentrer sur les Oui, sur ce que nous voulons construire. D’où les questions : « Quel monde voulons-nous ? », « Que faut-il faire ? », « Comment ? », « Quand ? » et « Avec qui ? » Ce qui suppose, par exemple, d’intensifier la réflexion sur ce que peut être un monde post-capitaliste, dès à présent. Et d’insister sur le fait que ces Oui ne sont pas acquis et qu’ils se construiront collectivement.

De la façon de procéder, on ne sait pas tout encore. Cette tâche, proposée dans un premier temps principalement aux adhérents de la Sexta, associera des personnes du monde entier et des bases d’appui zapatistes dans les villages du Chiapas qui, manifestement, désirent partager leur expérience de dix ans d’autogouvernement. Ils ont du reste rédigé un manuel intitulé Gouvernement autonome (tome I et II). En tout cas, une grande fête est annoncée, en août, pour célébrer une décennie de Conseils de bon gouvernement. « Il est temps que nous fassions vraiment le monde que nous désirons, insiste le sous-commandant Moisés. Ici, on entend dire souvent : “Quand le pauvre croira dans le pauvre, nous pourrons chanter liberté”. Sauf qu’ici, non seulement nous l’avons entendu mais nous sommes en train de le mettre en pratique. Voilà le fruit que veulent partager nos compañer@s. »
Avec ces propositions, les zapatistes jouent le tout pour le tout. Ils sont prêts à risquer ce qu’ils ont patiemment construit depuis 1994. Avec les dix ans des Juntas [4], les trente ans de la fondation de l’EZLN, puis les vingt ans du soulèvement armé, l’année 2013 sera une année décisive pour les zapatistes et pour la Sexta. Et pour nous tous ?

Notes


[2Parti révolutionnaire institutionnel, qui a tenu le pouvoir pendant des décennies jusqu’en 2000.
[3Comme celui, inspiré de Thomas C. Douglas, où des souris, heureuses de leur belle démocratie, glissent dans l’urne un bulletin pour élire un chat blanc ou un chat noir. Voir là !
[4Juntas de buen gobierno : organes d’autogouvernement dont se sont dotées les communautés rebelles.

domingo, 12 de mayo de 2013

LAS ABEJAS EN ATENCO CON HECTOR PATISHTAN

La Sociedad Civil Las Abejas de Acteal en su gira nacional para presentar el trabajo de las mujeres organizadas de la organizacion, fueron en una mesa redonda con los compañer@s del Frente de Pueblos en Defensa de la Tierra De San Salvador Atenco, con la presencia de Hector Patishtan, hijo del preso politico Alberto Patishtan, el dia 10 de mayo del 2013.
fotos karla gege
Las Abejas recorieron a bastante universidades del pais, y otros lugares libres de Toluca, Cuernavaca, Df, Puebla...


Despues Hector Patishtan y Las Abejas fueron el dia 11M en la explanada estela de Luz, para cumplir el primer aniversario del #YoSoy132.








sábado, 11 de mayo de 2013

Carta de Alberto Patishtan al 132


Compañer@s del Movimiento 132,

Por este medio aprovecho a enviarles mis saludos fraternos a la vez desearles los éxitos de todas sus acciones.

Herman@s presentes es un honor para mí de estar presente con ustedes y siento que me llenará de energía para seguir  adelante en mi resistencia.

Jóvenes de hoy, del mañana y de siempre, ustedes son las esperanzas de un México Nuevo, ustedes son las fuerzas de los débiles tal como se llama la organización que es de movimiento, es decir de moverse, hermanos y hermanas motivos no hace falta para luchar ni descansar, además de eso nuestra misión es de triunfar, es cierto para esto habrá obstáculos pero que es señal que ya están o estamos caminando para el bien del pueblo.

Compañer@s solo les quiero decir que cuando se sientan débiles no se desesperen sino al contrario utilicen este medio para ser más fuertes y lo otro, no están solos la gente del mundo los acompaña.




Jóvenes de todo México el día de hoy y del mañana depende de ti y de mi, tengan ánimo a todos ustedes y no caigan en las trampas del sistema opresor que solo saben joder y joder.

Por otro lado les quiero decir, como ya sabrán la Suprema Corte de Justicia negó mi inocencia, a pesar de las múltiples pruebas que  se han aportado y hoy espero que el expediente llegue a Chiapas para que finalmente los magistrados del Primer Tribunal lo resuelvan.

Bien por el momento es todo. Dios los Bendiga.

FRATERNALMENTE

Preso Político de la Voz del Amate, adherente de la Sexta del EZLN



Alberto Patishtan Gómez (Firma)

Morir o Vivir por la Verdad y la Justicia


Quien Es Alberto Patishtan
Carta de La Sociedad Civil Las Abejas al #YoSoy132
http://Albertopatishtan,blogspot.com



Las Abejas presente por el 1o cumpleaño del #YoSoy132


Organizacion de la Sociedad Civil Las Abejas
Tierra Sagrada de los Mártires de Acteal
Acteal, Ch’enalvo’, Chiapas, México.


11 de mayo del 2013





A las Organizaciones Sociales y Políticas
A las y los Defensores de los Derechos Humanos
A los Medios de Comunicación Alternativos
A la Prensa Nacional e Internacional
A la Sociedad Civil Nacional e Internacional
A las y los Adherentes de la Sexta Declaración de la Selva Lacandona


Compañeros y compañeras del movimiento #Yosoy132, les saludamos y agradecemos con el corazón tsotsil por esta invitación para celebrar juntos y juntas el primer aniversario de su lucha y organización.

Saludamos también a los hombres y mujeres y jóvenes de esta gran Ciudad de México, que también están presentes y luchan como muchos y muchas desde cualquier rincón de la nación Mexicana.

Para nosotros y nosotras los miembros de la Organización pacifista Las Abejas; los movimientos como el de ustedes y como muchos otros, es lo que se necesita para que México sea más justo y humano.

Nos enteramos a través de los medios de comunicación, sobre todo de los medios alternativos que hace un año ustedes demostraron su inconformidad y rechazo hacia el entonces candidato a la presidencia de la República Mexicana Enríque Peña Nieto, impuesto por los poderosos de arriba de la clase neoliberal y capitalista.
Sabemos todos y todas que el señor Peña Nieto tiene una deuda pendiente con el pueblo de San Salvador Atenco, por ser el principal autor intelectual de la represión cometida el pasado 3 y 4 de mayo de 2006 contra los hombres y mujeres de este pueblo digno y del abuso sexual de muchas mujeres. 

También, sabemos que en la toma de posesión de Enríque Peña Nieto como presidente de la república el 1 de diciembre de 2012, nuevamente mostró su verdadera cara, y el tipo de persona y gobierno que es; un ejemplo claro es la represión policiaca contra los manifestantes inconformes en frente de San Lázaro y en Guadalajara Jalisco, por el arribo al poder de Peña Nieto, en donde los policías golpearon brutalmente a los compañeros Juan Francisco Kuy Kendall y Juan Uriel Sandoval Díaz quien perdió un ojo y varios manifestantes del movimiento #Yosoy132 fueron arrestados y agredidos. Es muy claro que el gobierno de Peña Nieto lo que sabe hacer es reprimir al pueblo que exige sus derechos y respeto a su forma y modo de pensar y de organizarse.

Compañeros y compañeras, el regreso del PRI al poder significa el regreso para nosotros y nosotras los tsotsiles de Las Abejas, el regreso del infierno. Porque este partido fue el que diseñó la guerra de contraisurgencia contra los zapatistas y los pueblos organizados en el año de 1994. Y a causa de esta guerra sucia se llevó a cabo la masacre de Acteal en donde perdimos a 45 hermanos y hermanas, más 4 bebés que aún no nacían, el 22 de diciembre de 1997. Y ahora el mal gobierno priista está liberando a todos los paramilitares autores materiales de la masacre, con el objetivo de desviar las investigaciones hacia los autores intelectuales de dicha matanza. ¿Qué podemos decir del gobierno de este sexenio, si son autores intelectuales de muchos crímenes en la historia de México?


Hay mucho de que hablar, pero en resumen sabemos claramente que no esperamos nada bueno del gobierno peñista, sino, lo que sabemos que va a hacer es seguir entregando las riquezas y patrimonios de nuestra nación mexicana a los países capitalistas, neoliberales.


Ante todo, tenemos que seguir luchando y organizarnos más. El mal gobierno no le va a gustar, va seguir con su represión porque es lo único que sabe hacer, porque no sabe escuchar, no sabe dialogar, no entiende lo que es el respeto a los derechos humanos; no sabe lo que es el respeto entre los seres humanos.


A los pueblos originarios nos han tratado de exterminar desde hace más de 500 años y no han podido, aquí seguimos y uno de esos muchos pueblos en resistencia, somos nosotros y nosotras, y aquí estamos.

Fotos Dexpierte

Compañeros y compañeras, los y las tsotsiles de la Organización pacifista Las Abejas de Acteal, sabemos que tienen su propio modo de luchar, como también tenemos el nuestro, pero, lo fundamental es el respeto a las diferencias. Nosotros creemos que el cambio que queremos en nuestro México, empieza desde la transformación social y desde abajo, desde nosotros y nosotras mismas. Es entonces que este mal gobierno para nosotros ya no sirve. Este sistema ya es una chatarra oxidada e inservible. Sabemos que cuando algo deja de servir, se tira. Y entonces implica construir otro sistema. Un sistema que su justicia es humana y digna. Un sistema que tenga un buen vivir. Un sistema que respete diferencias. Un sistema donde los pueblos originarios tengan cabida. Un sistema en donde su educación sea al servicio de todos y todas sin importar clases sociales. Un sistema que tenga un sistema de salud humano que no discrimine. Un sistema en donde su territorio y la madre tierra se use para el bien de la humanidad, no explotarla como monstruos y comercializarla como un simple objeto. Para lograr todo esto no se necesitan de políticos, no se necesitan de gente multimillonaria y países ricos, porque esos sólo les interesa el dinero y nos tratan como sus esclavos. Sino, lo que se necesita es; corazón, pensamiento, alma, conciencia, convicción para luchar y trabajar. Y cuando ese nuevo sistema se logre construir podemos sentir y vivir la justicia y paz en México.


Compañeros y compañeras del movimiento #Yosoy132, de la Ciudad de México y de otras partes de México en donde quiera que tienen presencia, hoy no venimos a decir que “hoy empieza la lucha”, sino de por sí ahí ha estado la lucha, porque ahí hemos estado de por sí. Sigan adelante y sean fuertes cada vez más.


En horabuena muchas felicidades por cumplir un año de lucha y por resistir la persecución, represión y amenazas.


!NO MÁS REPRESIÓN A LOS MOVIENTOS SOCIALES DE MÉXICO!
!CASTIGO A LOS AUTORES INTELECTUALES DE LA REPRESIÓN Y VIOLACIÓN A LAS MUJERES DE ATENCO!
!CASTIGO A ERNESTO ZEDILLO PONCE DE LEÓN, EMILIO CHUAYFET, JULIO CÉSAR RUIZ FERRO ENTRE OTROS, AUTORES INTELECTUALES DE LA MASACRE DE ACTEA!
Fotos Dexpierte
!LIBERTAD INMEDIATA E INCONDICIONAL A ALBERTO PATISHTÁN GÓMEZ, PRESO POLÍTICO DE CHIAPAS!


ATENTAMENTE
La Voz de la Organización Sociedad Civil Las Abejas


Por la mesa directiva:


Rosendo Gómez Hernández 
 Juan Gómez Ruiz
Antonio Vázquez Gómez 

viernes, 10 de mayo de 2013

Rosa Lopez Diaz Prisonnere adhérente aux solidaires de la Voz del Amate

BRÈVE HISTOIRE DE ROSA ET DE SA DÉTENTION

Rosa López Díaz, est née le 2 décembre 1978 à San Cristóbal de Las Casas au Chiapas. Comme pour son compagnon Alfredo, sa langue maternelle est le tsotsil. Elle a un fils de 3 ans. Avant d’être arrêtée Rosa travaillait en tant que commerçante au marché et vendait des vêtements.

Rosa López Díaz a été arrêtée le 10 mai 2007 avec son époux Alfredo dans le parc central de San Cristobal de Las Casas, par des personnes habillées en civil, qui ne se sont pas identifiées. Elles l’ont rapidement fait tomber au sol. Elle a entendu son époux leur demander de s’identifier, mais ils ne l’ont pas fait. Ils l’ont conduite jusqu’à une camionnette et lui ont couvert les yeux. Après quelques heures, ils l’ont descendue les yeux toujours bandés et ils ont commencé à la frapper. Ils l’ont torturée en lui couvrant la tête avec un sac tandis que dans sa bouche ils avaient placé un chiffon mouillé avec l’intention de l’asphyxier. Ils l’ont frappée à l’estomac. Elle leur a demandé d’arrêter parce qu’elle était enceinte, mais ils ne se sont pas arrêtés. Puis ils l’ont fait remonter dans la camionnette, et l’ont amenée jusqu’à un lieu qu’elle ne connaissait pas. Là elle a compris qu’elle était toute seule, sans son époux. Ils l’ont maintenue à genoux, menottée, yeux bandés. Elle leur a demandé : « Qu’est ce qui se passe ici ? » La réponse qu’elle a obtenue fut : « Ce n’est pas tes affaires, de toute façon t’es
 foutue ! »

Rosa raconte: « J’ai pleuré, j’ai pleuré, je ne savais pas que ça allait m’arriver. J’ai pleuré pour ma famille, pour ma mère. Je ne sais pas comment décrire la peur que j’ai ressentie. Ils continuaient à me crier : « Tu ne te sauveras pas d’ici. De là où nous allons t’emmener, tu ne sortiras pas. Tu ne bougeras pas. Si tu tentes quelque chose, c’est ici que tu meurs”. » Rosa pleurait, et demandait qu’on ne lui fasse rien, elle dit qu’elle n’avait séquestré personne.

À peu près 40 minutes plus tard, ils l’ont amenée dans la même maison que celle où ils avaient retenu son époux. Ils ont assis Rosa contre le mur, lui ont mis les menottes, avec les yeux bandés, et ils ont commencé à la frapper. Ils l’ont de nouveau torturée. Ils ont couvert son visage avec un chiffon mouillé et l’ont recouvert d’un sac plastique, tout en frappant son estomac. Puis ils l’ont emmenée dans une autre pièce à part. Là ils l’ont déshabillée et elle a subi des violences sexuelles, ils l’ont touchée partout en la menaçant de la violer. Ils lui ont dit qu’ils voulaient qu’elle déclare que c’était bien elle qui avait séquestré Claudia Estéfani. Rosa pleurait, et demandait qu’ils ne lui fassent rien, disant qu’elle n’avait séquestré personne. "Comment puis-je dire quelque chose que je n’ai pas fait ?", a demandé Rosa. L’un des agresseurs l’a fait tomber par terre, deux autres l’ont empêchée de bouger, l’un d’entre eux s’est mis sur elle pour la violer. Rosa a dit à ce moment-là : « Ne me viole pas, je suis enceinte ». Un des agresseurs lui a alors lancé : « Si tu dis que c’est toi qui l’as fait, nous ne te ferons rien. »

Alors Rosa leur a dit oui, que c’était elle qui avait séquestré Claudia Estéfani, même si ce n’était pas vrai. De là Rosa et son mari Alfredo ont été conduits au Ministère Public où ils ont été obligés sous la torture de signer des feuilles blanches.

Une fois enfermée, elle a pu parler avec son compagnon Alfredo et lui demander s’il savait pourquoi ils étaient là. Alfredo lui a raconté que son cousin avait "volé" la fiancée, ce qui dans les villages signifie que la fiancée part avec son mari sans que celui-ci ne paie la dot.

De même que tous les membres de l’organisation « des Solidaires de la Voix de l’Amate », Rosa n’a jamais eu accès à un traducteur qualifié, qui connaît la langue et les coutumes tsotsiles. Pendant sa déposition, son avocat commis d’office, Joaquín Domínguez Trejo, a été peu présent. On a lu à Rosa sa déclaration mais, à cause de l’absence de traduction dans sa langue maternelle, elle n’a pas compris les termes juridiques. C’est pourquoi elle a refusé de signer sa déclaration. On l’a malgré tout obligée à signer. On l’a ensuite immédiatement déplacée au Centre de Réinsertion Sociale nº5 (CERSS nº5) à San Cristóbal de Las Casas, sous le chef d’accusation d’enlèvement.

CAS LÉGAL

Après 14 mois de détention préventive, elle a été condamnée à 27 ans, 6 mois et 17 jours de prison. Elle a fait appel et sa condamnation et a été réduite de 17 jours. Ce jour-là, le 13 avril 2009, c’est la dernière fois que Rosa a vu son avocat.

CONDITIONS EN TANT QUE FEMME ET PRISONNIÈRE

Rosa est la seule femme à faire partie de l’organisation des prisonniers « les Solidaires de la Voix de l’Amate » au Chiapas, adhérente à la Sexta de l’EZLN. Elle n’appartenait à aucune organisation politique avant de se faire arrêter, et c’est en prison qu’elle est devenue militante. Elle se bat tous les jours en prison pour sa liberté et celle de ses camarades de lutte. Rosa est très active et a participé à plusieurs actions de protestation à l’intérieur de la prison. Cela fait six ans qu’elle est privée de sa liberté. Pour elle, même si les conditions en tant que prisonnière, militante, mère, indigène et femme ne sont pas faciles du tout, il n’est pas question d’arrêter de se battre. Depuis la prison Rosa dénonce systématiquement le traitement que subissent les prisonnières ainsi que les conditions générales de vie dans le secteur réservé aux femmes.

Rosa était enceinte de quatre mois quand elle a été torturée. Son fils est né avec une paralysie cérébrale, à cause de la torture qu’elle a subie pendant son arrestation. À cause de ses difficultés de santé et d’une dénutrition sévère, son fils Natanael est décédé le 26 octobre 2011, à l’âge de 4 ans.

Malgré la difficulté que représente le fait d’être une activiste, une mère, une femme et une indigène, la compañera Rosa continue sa lutte avec détermination en s’impliquant dans l’organisation des Solidaires de la Voix de l’Amate. Dans une vidéo destinée à faire connaître son cas, elle a pu récemment retracer, avec ses propres mots, son histoire. Cette vidéo a été intitulée « Koltavanej » qui, en langue tsotsile, signifie « libération ».


jueves, 9 de mayo de 2013

"Libération" Rosa Lopez

CHIAPAS- MEXIQUE. Projection :
 Koltavanej – « Libération »
20 min.- 
Film en espagnol, sous-titré en français. 

Ce film a été réalisé par la compagne adhérente à la Sexta de l’EZLN Concepción Suárez, Le film raconte en toute simplicité la vie de Rosa López Díaz, indigène tzotzile, qui a été condamnée à 27 ans et 6 mois de prison en mai 2007 et qui lutte en prison au sein de l’organisation « Los Solidarios de la Voz del Amate ». 





En Savoir Plus sur Rosa Lopez Diaz
Connaitre Alberto Patishtan
Plus de vidéos
Vidéo traduite par LiberonsLes

Documental Alberto Patishtan "Vivir O Morir x la verdad y la justicia

La muerte de 7 policías en una emboscada perpetrada por un grupo armado en el municipio de El Bosque en el año 2000; es el motivo que lleva a la cárcel a Alberto Patishtán Gómez. Un luchador social de ese pueblo tsotsil.


Como luchador jamás se ha dado por vencido y desde las cárceles se ha organizado junto con otras personas que han sido encarceladas injustamente para exigir justicia.. Se ha convertido en un incansable defensor de los derechos humanos y es el preso político más emblemático de Chiapas en la actualidad.

Este documental construye, a partir de entrevistas y testimonios, los verdaderos motivos que llevó a Alberto Patishtán a la cárcel. Vemos cómo su pueblo ha luchado para poder liberarlo y las injusticias que, desde las propias instancias que se encargan de impartir justicia, han cometido contra él y, en consecuencia, contra todos los pueblos organizados de Chiapas.

REALIZACIÓN: Koman ilel y el Movimiento del Pueblo de El Bosque por la Libertad de Alberto Patishtán
DURACIÓN: 60' 30''
AÑO: 2013

¿QUIÉN ES ALBERTO PATISHTÁN?

Alberto Patishtán Gómez es un profesor tsotsil, originario del pueblo de El Bosque en los Altos de Chiapas, México. Está recluido en prisión desde el 19 de junio del 2000, sentenciado a 60 años por un crimen que no cometió, y por el que fue acusado como una venganza política, a causa de impulsar la lucha de su pueblo en contra de los abusos del gobierno local.

MÁS INFORMACIÓN:
Quien es Alberto Patishtan?
Video sobre Rosa Lope Diaz presa del cereso 5 (ES st FR)
Mas Videos
http://albertopatishtan.blogspot.mx
http://komanilel.org