domingo, 9 de diciembre de 2012

Samuel Ruiz, et le massacre d'Acteal

Extraits d'une série d'interview de Samuel Ruiz, Eveque du Chiapas, 

Cet article présente un extrait d'une série d'interview faite à Samuel Ruiz il y a une dizaine d'année, Mgr Samuel Ruiz était Évêque de San Cristobal de 1959 à 2000, il contribua puissamment à la libération des peuples indigènes, partisan de l'option préférentielle pour les pauvres, c'est le plus fervent des défenseurs de la théologie de la libération au Mexique, il publia la Théologie Biblique de la libération en 1975. Il mit en place un vaste réseau de près de 8000 catéchiste indigènes ce qui permit d'aider les Mayas du Chiapas de s'organiser pour défendre leur droit. En 1974, pour les 500 ans de la naissance de Bartolomé de Las Casas, il organisa le premier congrès indigène du Chiapas qui lança la conscientisation des peuples indigène sur leur exploitation. En 1993 une vaste campagne contre lui sera lancée pour obtenir le renvoi de l'"évêque rouge".

En 1994, quant éclata le soulèvement zapatiste, il mit en place la Commission nationale d’inter-médiation, chargée de maintenir le dialogue avec elle. Il est mort le 24 janvier 2011.



 Samuel Ruiz et le Massacre d'Acteal:


"Prenons l’exemple d’acteal : un ensemble de circonstance ont contribué à la création de ce sanctuaire international dédié à la mémoire des martyrs, d’abord, ce massacre de 45 personnes par des paramilitaires, en 1997, ne fut pas un fait isolé : il y avait eut 24 massacres au préalable qui n’ont pas eu l’ampleur de celui d’acteal, Mais qui ont été perpétré par le même mouvement paramilitaire paz y justicia, ce mouvement paramilitaire, qui secoua les communautés indigènes recrutait parmi les priista les hommes affiliés au PRI qui était alors le parti officiel, et également parmi des indigènes non catholique dans certains groupe évangélique.
Leur sentiment de distance vis-à-vis des catholiques fut un bouillon de culture, pour que ce développe en eux une forte hostilité, il y avait déjà) eut des affrontements dans cette zone, au sujet de la possession d’une mine de sable, les autorités ayant attribué officiellement cette mine à deux instances différentes de la communauté. Quand surgit le groupe paramilitaire, ces conflits furent exacerbées et la polémique s’accrue à cette époque, les indigènes étaient en train de constituer une coopérative de café et d’exportation de miel et les priistas exigèrent que tous ces membres prennent partis contre les zapatistes. Hors beaucoup d ‘entres eux tout en n’étant pas zapatiste sympathisaient avec leur cause et ils refusèrent de militer, de façon belliqueuse, au côté des paramilitaires, pour échapper à cette pression, ils furent obligé de constituer une nouvelle coopérative autour de la société las abejas, qui rassemblaient les indigènes ne prenant parti ni pour les paramilitaires ni pour les zapatistes, ce qui leur valu des agressions incessante de la part du mouvement paz y justicia, pleinement reconnu comme un mouvement paramilitaire, avec une discipline et un entrainement spécifique. Le CDH Frayba, appartenant au diocèse possède à ce sujet toute la documentation qui le prouve. Ce centre fut même sollicité pour jouer les médiateurs dans ce conflit, mais il constata dès le départ qu’il n’y avait aucune volonté de dialogue de la part des paramilitaires et que cette médiation n’était qu’une manœuvre dilatoire. Les membres de la coopérative las abejas étaient de plus en plus en butte à des pressions à des menaces, même de mort. C’est alors que cette communauté décida de rester en prière en jeun, en repentir pour demander la paix. Le deuxième jour, le matin, alors qu’ils étaient dans la chapelle ils furent massacrés.

Le massacre avait sans doute été conçu comme un avertissement aux communautés vivant autour de las abejas, pour diminuer leur sympathie autour du mouvement zapatiste, même s’il n’y avait parmi elle de membres actifs du mouvement cette tuerie faisait partie d’un plan mis en place au moment du dialogue entre le gouvernement et les zapatistes, pour comprendre cela, il faut retracer ce mouvement historique. L’armée occupait le nord de l’état du Chiapas, la zone Chol’, les communes de Sabanilla, Tila, Tumbala… hors elle s’occupait d’affaires qui ne lui incombait pas en tant de dialogue : par exemple à sabanilla elle distribua des terres aux paysans, ce qui n’est pas de son ressort mais de celui d’une commission spéciale chargée de la réforme agraire. A Palenque, elle mit en prison des voleurs de bétail ce qui incombe au ministère public, au juge. La contestation surgit aussitôt, car si nous acceptions que l’armée s’occupe de ces affaires nous lui laissions, au plan national, les mains libre pour agir arbitrairement.

La pression nationale et internationale obligea l’armée à se retirer de ces lieux. Cependant, elle ne voulait pas quitter cette zone qui, sans être à strictement parlé zapatiste, étaient néanmoins sympathisante de l’EZLN, il y avait la les bases civiles des zapatistes. L’armée voulait donc revenir coûte que coûte et devait créer une situation qui le lui permette. C’est pourquoi elle affirma que le phénomène zapatiste avait un cadre religieux, que les communautés évangéliques étaient en conflit avec les communautés catholique et vice et versa.
Commença alors d’une manière absurde mais fatale l’agression directe des priistas contre les maisons du côté de sabanilla. Cette agression, qui avait été concertée par l’armée provoqua un exode. Elle allait de pair avec une campagne étayant la théorie de la confrontation religieuse, à laquelle participèrent notamment certains représentants du gouvernement assis à la table de dialogue avec l’EZLN.

Je pu moi-même le constater car on m’appela personnellement du ministère de l’intérieur pour me donner cette version des faits. Trois jours après, j’appris qu’une des personnes qui avait conçu cette stratégie de l’armée, également représentante du gouvernement à la table de dialogue, accusait directement le diocèse de favoriser le rejet des évangéliques. L’action du gouvernement à travers les priistas fut terrible. Au point que cette zone du pays fut plongée dans une insécurité permanente.

Il était difficile à qui que ce soit de s’y rendre, difficile pour les autorités elles-mêmes. Jour après jour, semaine après semaine, nous avons informé, nous avons invité la presse pour démontrer la version mensongère, officielle de la confrontation religieuse. Cela nous a pris des mois. De sorte qu’au moment du massacre d’acteal nous n’avons pas eu de mal à démentir les informations du gouvernement, et à montrer qu’il s’agissait d’un plan d’agression contre les communautés indigènes, visant à justifier le retour de l’armée.
C’est à cette même logique qu’obéissent les 24 petits massacres qui précédèrent Acteal. Acteal eut alors un retentissement international inouï et la protestation fut tellement puissante que le gouvernement fut contraint de changer sa stratégie. Alors que j’étais déjà en route pour acteal pour l’enterrement des 45 victimes, le gouvernement enleva les cadavres et les emporta à tuxtla guitiérrez sous un prétexte fallacieux – les autopsier- et dans une intention clairement politique retarder les réactions de protestations. Comme si en enlevant les corps, on faisait disparaitre les raisons de protester. Les autorités affirmèrent que les corps seraient rendus. Elles mobilisèrent même des autocars pour leur transport mais avec un tel retard que les cadavres ne purent être acheminés le jour même et ils restèrent à Polho un village proche d’Acteal. Nous veillâmes durant toute la nuit, l’enterrement ne put avoir lieu que le lendemain.

Mais la veille, le jour où les cadavres furent transportés en autocar quelques parents des victimes vinrent me dirent qu’ils voulaient creuser un tombeau collectif. Pas seulement à cause du travail que représentait le creusement de 45 tombes en une seule journée ils voulaient élever un monument à l’espérance, car ils savaient que ces frères et sœurs ressusciteraient. Je me suis réjoui de cette idée : « c’est magnifique mes frères que vous le vouliez ainsi ». Après quoi un groupe du Danemark, qui construit des monuments contre l’ignominie pour commémorer des violations de droits de l’homme, des tortures… offrit à la communauté d’Actéal un monument de ce genre.

Je leur dit : «  Regardez les indigènes ont une autre idée. Ils ne veulent pas faire un monument contre la violence, ou commémorer les violations des droits de l’homme, ils veulent un monument à l’espérance. » Mais les membres du groupe danois insistèrent ils cherchèrent la communauté et lui apportèrent ce monument, que, forte heureusement, ils plantèrent sur la route, en haut de la terre sacré d’Acteal. Si bien qu’il faut passer devant avant de retrouver, en descendant la montagne, l’espérance de la résurrection, représenté par ce tombeau collectif sur lequel se dresse la chapelle. Les indigènes ont très bien assimilé la situation : lors des visites ils organisent une halte au pied du monument contre l’ignominie pour qu’on se souvienne de la violence, puis ils descendent vers le tombeau. Dès le début ils ont eu une conscience très nette qu’il ne s’agissait pas seulement d’une mort injuste mais d’une mort dans l’espérance, un chemin vers le futur. Et ce en raison des circonstances concrètes qui entourèrent le massacre : ils priaient, ils jeunaient, ils étaient à genou dans la chapelle quand ils furent assassinés.


Je me rendis donc à l’enterrement sur une route bondée où les voitures roulaient au pas, la mienne, celle de la presse, et aussi celle de madame Rocati du centre national des droits de l’homme. Les voitures qui voulaient avancer en sens contraire étaient obligées de s’arrêter au bord de la route pour nous laisser passer. Tout à coup, je vis devant moi deux véhicules arrêtés, un camion de transport et une camionnette, contentant des effectifs de la police, et je vis aussi certains de ceux qui transportaient les cadavres se diriger vers ces véhicules et à monter dedans. J’ai d’abord pensé que c’était des personnes qui avaient veillé toute la nuit à Polho et qui, fatigué, voulaient rentrer chez elle dans ce camion qui repartait d’Acteal. Je me trompais. Elles avaient reconnu les gens du camion, c’était ceux qui avaient participé au massacre. Quand elles montèrent dans le camion, ceux qui étaient à bord se cachèrent le visage. Mais ils furent assaillis, tirés par les cheveux et obligé de descendre du camion. Je sorti de ma voiture je parlais avec les hommes en colère et leur dit : « mes frères ils faut les livrer aux autorités. », mais quelles autorités ? L’armée ? Les policiers, qui l’accompagnait et avait contribué à l’opération en couvrant les assassins et en allant avec eux voler les maisons des victimes pour leur voler de la nourriture, des pièces d’artisanat à vendre, tout ce qu’elles avaient ? A ce moment-là, Madame Rocati, du centre des droits de l’homme, descendit à son tour de la voiture et demanda à la police d’arrêter les assassins. C’est ainsi que cette même police qui couvrait la fuite des paramilitaires, et transportait le butin volé chez les victimes, cette même police dut les arrêter ! Une situation délicate pour les policiers, qui étaient complices du massacre, n’est-ce pas ? Mais ils furent contraints de se soumettre à la demande d’une autorité nationale en matière de droit de l’homme
.

Ces épisodes restent à fleur de peau de la communauté d’acteal, qui, sans oublier sa souffrance, la transcender. Les personnes ayant compté le plus de morts dans leur famille ont accéder ensuite à des postes de responsabilité dans la communauté. Maria, la catéchiste, la sœur d’Alonso, le catéchiste mort avec sa femme et 5 de ses enfants, Maria qui adoptait les 5 autres enfants du couple. Ou la petite fille qui a reçu une balle dans la tête et est resté presque aveugle, avec son sourire d’ange, et qui a grandi dans la souffrance. La réaction de la communauté a été de sentir que les morts n’étaient pas seulement des victimes, mais des martyrs. Des témoins d’espérance, des témoins de la Paix. "

Lire plus:
Samuel Ruiz et le massacre d'Actéal
Homélie de Samuel Ruiz
Le massacre selon Samuel
La théologie de la libération
Extraits du Livre du Curé de Chenalho Miguel Chanteau

Michel Chanteau: La fête des morts


  

LA FÊTE DES MORTS
 Extrait du livre du Père Michel Chanteau









Au Mexique, en général du moins dans le monde des petites gens, la mort n’a pas le même aspect dramatique qu’en France. Elle fait partie de la vie. Chez les indiens de Chenalho, la commémoration des défunts est une grande célébration. Dès le 1er novembre dans la matinée, après une procession autour de la place, rentre en fonction pour 48 heures le Conseil Municipal des morts, il est composé par les sacristains qui reçoivent leur charge du Conseil officiel qui se repose ces jours-là. Le Conseil des morts siège face à l’église, au pied des croix traditionnelles…une longue corde a été attachée au battant de la plus grosse cloche qui va sonner toute la journée et toute la nuit, car chaque son de cloche est censé ramener l’âme des Anciens. Pendant la nuit, les sacristains allument un grand feu pour résister au froid, avec l’aide aussi de la gnole (le posh…)


Il serait peut-être même dangereux de circuler ce jour-là dans la montagne selon les dires du « petit vieux », Don Miguel Comate :
 

-          « Padrecito, ne va pas te promener dans la montagne pendant la fête des morts car on pourrait te tuer
-          Mais pourquoi ?

-      

     C’est que les ânes viennent visiter leurs familles. Alors si tu te trouves à la croisée d’un chemin près d’une maison au moment où l’âne est supposé arrivé, la famille risque de te tuer car tu gènes le passage de l’âne
Pour certains indiens, c’est l’unique occasion dans l’année, de manger de la viande, car pour beaucoup, cela est un luxe, mais il faut se sacrifier pour recevoir dignement les ânes… Huit jours avant la fête, plusieurs bœufs vont être immolé et pendant la semaine les indiens grillent la viande qui va être déposé le 2 novembre, surf la tombe du défunt, décoré de fleurs jaunes, sortes d’œillets d’inde avec des cierges noirs (la nourriture préférée des ânes) et toutes sortes d’aliments et de fruits, sans oublier le « Posh », si le défunt avait l’habitude de boire…

Toute la famille en pleur prie et festoye en compagnie de leur défunt.
 

En tant que curé je dois me rendre au cimetière du bourg pour réciter des répons pour le défunt et bénir les tombes. Tache rude car à la fin de chaque prière il faut boire un coup… après deux heures, surtout s’il y a du soleil le mélange de bière, de rhum et de posh fait de l’effet, et à la descente du cimetière les ânes me bousculent pour rentrer chez moi !



Même à Mexico bien des familles déposent leurs offrandes sur un meuble devant la photo des parents disparus ! On peut aussi vous offrir des sucreries en forme de tête de mort avec votre nom. Dans les boulangeries, vous trouverez ;: « el pan de muerto » le pain des morts….

Dans les cimetières c’est un vrai piquenique et si vous avez les moyens, alors vous payez un groupe de chanteur mexicain = « les mariachis », qui vous jouent et chante les airs qui plaisaient à vos êtres chers.


A LIRE:
La Société Civile Las Abejas
Les Paramilitaires
Le Massacre d'Acteal
Le racisme à Chenalho
Tatic Samuel
Le Congrès Indigène
La fête des morts dans les communautés 

sábado, 24 de noviembre de 2012

Comunicado de la sociedad civil las abejas 11.12


Respeto a la construcción de nuestra autonomía y a la libre determinación. !Vivan los Pueblos en lucha!


Organización de la Sociedad Civil “Las Abejas”
Tierra Sagrada de los Mártires de Acteal
Acteal, Ch’enalvo’, Chiapas, México.

22 de Noviembre del 2012












A la Opinión Pública
A los medios de Comunicación Estatal, Nacional e Internacional
A los medios alternativos
A la Sexta Internacional
A los Adherentes de La Otra campaña
A las organizaciones independientes
A los defensores de derechos humanos no Gubernamental.

Hermanos y hermanas.

De largo tiempo de lucha que llevamos por la construcción de paz con justicia, hemos aprendido que lo que no puede hacer la palabra “Yo” lo puede hacer la palabra “Nosotros”. Pues es así como hemos construido esta memoria colectiva, que hoy la celebramos, que camina, que lucha y que construye con nosotros este mundo más justo, más humano y en equilibrio con todo. 

Como sabemos, y saben ustedes, cuando comenzamos a construir nuestra autonomía, la libre determinación, el autogobierno es a la Madre Tierra, al formador y Creador a quién le pedimos permiso. Sin embargo, muy enojado el gobierno, para confundir nuestra lucha, nuestro trabajo y para apantallar a la ciudadanía en general, comenzaron entonces a hablar de paz, de justicia social, de respeto a los pueblos indígenas o del multiculturalismo, pero como siempre, lo suyo no llegan más lejos que palabra. Porque esta negligencia histórica, de la impunidad y de la injusticia actual respecto al caso Acteal es una discriminación total y sistemática, que es desde social, política, cultural, económica y jurídica. Y todavía a XV años de la masacre de Acteal no es mentira que no ha llegado la justicia real e integral sino es una realidad. Las comunidades indígenas y víctimas de la guerra de baja intensidad y de contrainsurgencia siguen sin respeto, sin atención. A pesar que hablan de atención a los más necesitados, las condiciones de vida siguen siendo precarias e inhumanas. 


Pero esto no les es suficiente, porque en Chiapas y en México; los monstruos que se imponen como gobiernos, siguen haciendo leyes para legitimar la criminalización de las luchas y la protesta social; y reformas que favorecen la aplicación y desarrollo de mega proyectos con iniciativa trasnacional; que como siempre lo han venido haciendo, lo disfrazan en nombre del desarrollo para engañar al pueblo, y así saquear, despojar y quitar el territorio de los pueblos y comunidad indígenas que por miles de años han sido dueños y Guardianes de la Memoria, de la Tierra, del Territorio y Recursos Naturales. A pesar que existen leyes escritas que protegen y permiten el ejercicio pleno de los derechos humanos e indígenas como son los tratados nacionales e internacional: la constitución Mexicana, el convenio 169 de la Organización Internacional del Trabajo (OIT), Los Acuerdos de San Andrés, y la Declaración Universal de las Naciones Unidas, ahora no son más que palabras y papales para el gobierno porque sigue sin respetarlo y sin cumplirlo. Y continúan abusando y amenazando a los que menos tienen, así como se le está haciendo a nuestra compañera Marcela Arias Pérez de Cabecera Chenalho, que por estar en la resistencia en contra de Las Altas tarificas de energía eléctrica, se le amenaza en proceder a una denuncia penal en caso de no cumplir con el pago de un recibo de luz de la cantidad de $ 51, 938.00. Nosotros no pagamos la luz, y no pagaremos hasta que cumplan los acuerdos de San Andrés, y una justicia integral y real de la masacre de Acteal.


Con esta dinámica, se ha perdido la alegría de nacer, el derecho de vivir, porque en la vida todo se compra, se vende y porque todo tiene dueño, todo está ocupado, inclusive las leyes que con lucha sangrienta se escribieron, también es comprado. Pues las leyes de justicia mexicana que protegen a los derechos humanos, es reservado o bien dicho, las leyes es para uso exclusivo los del poder y de la gente con dinero; eso lo sabemos nosotros y lo saben ustedes. Caso que demuestra lo tenemos, Alberto Patishtan por defender su pueblo, es acusado de homicidio y condenado a una prisión a muerte (desde 19 de junio del año 2000 a la fecha). Y que por reclamar su libertad y su inocencia fue trasladado a cárcel de máxima seguridad del CEFERESO N° 8 Norponiente en Guasave, Sinaloa., que sí no fuera por la campaña nacional e internacional que se realizo seguiría allá. Cabe mencionar que su retorno a Chiapas es en un contexto de injusticia con situación de salud crítica y sin libertad. En cambio, a Pablo Salazar Mendiguchía ex gobernador (2000-2006) quién fuera preso por haber hecho desvió de recurso público durante su gestión, es liberado después de unos meses de su detención dizque por cuestiones de salud.


Por otro lado, las amenazas y hostigamientos en contras de las organizaciones en resistencia siguen aumentando y cada vez con mayor intensidad. Pues lo que antes lo realizaban de forma muy sigilosa, a la fecha lo hacen más abiertamente. Porque la guerra de baja intensidad y de contrainsurgencia no ha cesado más que transformarse en una guerra de alta intensidad y en la estrategia de desgaste integral. Estos que decimos, lo demuestran los hechos sucedidos el día 27 de octubre pasado cuando nuestro compañero Rosendo Gómez Hernández presidente electo de la Organización Sociedad Civil “Las Abejas” fue allanado en su hogar y amenazado de muerte con una pistola calibre 22 marca revolver, realizado por el sr. Enrique Arias Ruiz originario de poblado Yabteclum, miembro del Partido Revolucionario Institucional. Al día siguiente, Mariano Gómez López Papa de Rosendo mientras pasea en la calle de la altura de la tijera linda vista y la libertad fue agredido física y verbalmente por el Sr. Armando Gómez Pérez originario de paraje linda vista y conductor del DIF del H. ayuntamiento de Chenalhó.

Y por último, condenamos nuevamente los disparos que realizan los paramilitares en los caminos a la milpa y en los cafetales porque nuestros integrantes viven el mismo clima que en tiempo de 1997. Y cualquier tragedia que nos suceda, responsabilizamos directamente al gobierno municipal de Chenalhó por su autorización y permisividad en el uso de armas. 

Por lo anterior exigimos:
  • Justicia a los autores materiales e intelectuales de la masacre de Acteal.
  • Libertad inmediata e incondicional de Alberto Patishtan y de Francisco Santiz
  • Respeto a la seguridad integral de nuestro compañero Rosendo Gómez y sus familiares.
  • Respeto a la construcción de nuestras autonomías y a la libre determinación.

Viva los pueblos en lucha!, viva los héroes de la resistencia, viva la memoria, viva la lucha, viva la resistencia, Viva “Las Abejas”

ATENTAMENTE.
Voz de la Organización Sociedad Civil “Las Abejas”



                                Porfirio Arias Hernández


Enrique Perez Santis
                               Victorio Santis Gómez
Javier Ruíz Gutiérrez

                               Benjamín Pérez Pérez
Manuel Pérez Gómez

jueves, 22 de noviembre de 2012

A 14 ans et 10 mois du massacre d'Actéal, et à 2 mois Communiqué des Abejas du Chiapas


"L'année 2012 ne sera pas la fin du monde,
mais la transition du capitalisme (guerre) au communautarisme (paix)."

De l'Organisation de la Société Civile « Les Abejas » (Les Abeilles)
Terre sacrée des Martyrs
Actéal Chenalvo, Chiapas, Mexique




Le 22 octobre 2012
A l'Opinion publique,
Aux Médias des Régions du Mexique, de la Nation et Internationaux
Aux Médias alternatifs
A la Sixième Internationale
Aux Adhérents de l'Autre campagne
Aux Organisations indépendantes
Aux défenseurs des droits de l'homme (non gouvernementaux).


Mes frères, mes sœurs,

Nos ancêtres les Mayas, qui ont donné vie et noms aux choses que nous connaissons et que nous vivons aujourd'hui, nos ont dit que le calendrier se terminerait à la fin de l'année 2012, c'est à dire qu'un cycle serait clos et qu'une nouvelle ère commencerait. Alors, ce ne sera pas la fin du monde tel que les médias et les gouvernements le disent. Eux, ils le disent pour semer la peur, la guerre et pour mieux contrôler. Ce que nos ancêtres ont dit c'est que le cycle de la violence, de l'obscurité et de la mort se refermera et donnera naissance à une étape de lumière et de vie qui apportera la paix, la tranquillité, la justice, l'équilibre et l'harmonie sociale. Ceci signifie la transition du capitalisme (guerre) au communautarisme (paix).
 
Nous « Las Abejas » (les abeilles) nous savons que nous sommes déjà dans l'étape de transformation de la guerre vers la paix, puisque nous en sommes les témoins par les luttes quotidiennes que nous menons pour la construction de la justice, de la paix autonome et de la libre détermination. Ces processus construisent la nouvelle société et un monde juste et équilibré pour tous et toutes. De plus, il s'agit de la fin du système dévorant et déprédateur qui nous a été imposé depuis la conquête espagnole et bien que le capitalisme sauvage ne soit pas mort il est en train d'agoniser.

D'autre part, l'impunité des crimes de lèse humanité a permis au système capitaliste de survivre à sa crise. Parce que ces marionnettes qui nous sont imposées pour gouverner à chaque coin de notre pays tous les six ans ont converti les lois écrites qui protègent les droits de l'homme en affaires juteuses pour le pouvoir et l'élite, violant de manière brutale et systématique les droits des hommes et le droit de l'environnement.

Si nos affirmations n'étaient pas véridiques, les traités et les lois seraient appliqués tels qu'ils sont et les gouvernements qui se disent représentants du pays obéiraient et seraient efficaces dans les fonctions que le peuple leur a confiées. Alors, le monde serait différent et le crime d’État qui constitue le massacre d'Actéal ne serait toujours pas impuni et ses auteurs, intellectuels et matériels, auraient déjà été jugés pour leurs actions violentes. En outre, il n'y aurait plus de morts, de faim, de dépouillement et de guerre contre ceux qui s'opposent aux dysfonctionnements des appareils d’État, puisque tout aurait été harmonisé. Mais la réalité est tout autre, étant donné qu'à une distance de quatorze ans et dix mois du massacre d'Actéal, aucune justice entière et vraie n'a été appliquée.  Dire et penser qu'Actéal est le dernier massacre de lèse humanité, qu'il ne se répétera pas, est une fausse illusion. De surcroît, 'impunité dont profitent les criminels de l’humanité ne permet pas les conditions qui garantissent la non répétition des faits atroces et favorise les violences systématiques et les crimes de lèse humanité.

Par ailleurs, les gouvernements, tels des marionnettes, sont obligés par leurs patrons capitalistes transnationaux à nous faire la guerre sans tenir compte du coût qu'elle représente, parce que le capitalisme ne peut pas vivre quand il y a la paix et qu'il a besoin de la guerre pour continuer à fonctionner et continuer à survivre à sa crise. Parce que la justice, la paix, le communautarisme et l'harmonie sociale sont de vrais ennemis du système capitaliste néo-libéral. C'est pour cela que l’État a déclaré la guerre contre ceux qui, comme nous, font de la résistance et construisent la paix, nous qui exigeons la justice contre les crimes de lèse humanité et le respect de nos autonomies et de notre libre détermination.
 
Etant donné que le gouvernement ne peut pas nous déclarer la guerre ouverte ; les actions violentes et d'extermination qu'il impose sont déguisées sous le nom de développement, tel que le soi-disant combat à la pauvreté. Le gouvernement pense que nous ne comprenons pas, parce que nous sommes des paysans et compte tenu que nous ne parlons pas correctement l'espagnol, mais cela ne veut pas dire que nous sommes des ignorants. Nous savons ce qu'est une stratégie de mort et d'oubli ; et ce « combat contre la pauvreté » devient en fait une guerre de l’État contre les pauvres, c'est-à-dire l'extermination des gens pauvres afin qu'au Mexique il n'y ait plus de pauvres, puisque les situations d'extrême pauvreté empêchent le développement de l'objectif du millénium et sont une honte pour le Mexique en tant que pays émergeant, en transition vers le premier monde. Nous devons signaler que le gouvernement ne réussit pas à nous tromper avec ses propositions de développement, qu'il confère un caractère criminel à nos protestations sociales et à notre lutte pacifique Non Violente et qu'il opère grâce à des polices, à des para-militaires et à des membres du PRI (Parti révolutionnaire institutionnel). C'est ainsi qu'ils ont agi à l'encontre de nos frères « Bases de Apoyo Zapatistas » (bases d'appui zapatistes) de la commune Guadalupe Los Altos, municipalité de Las Margaritas et Jechvo, municipalité de Zinacantan.

Bien que tous les partis politiques parlent de paix et de changement, aucun n'a été digne de ses paroles. Il faut savoir que non seulement le régime du PRI est un assassin de l'humanité mais tous les partis politiques existants le sont aussi. Parce que cette guerre contre les pauvres a existé pendant toute l'histoire de la société, sur tout le territoire de notre pays. Jamais dans l'histoire un gouvernement a été digne, jamais il a eu le courage de se rendre digne auprès de son peuple, de le protéger, de défendre ses biens et sa vie. Ils ont tous fait le contraire, ils ont tout fait pour servir le capitalisme, ils ont tous saccagé nos biens, ils ont tous vendu nos ressources à l'étranger, y compris ceux qui font semblant d'être progressistes ou de gauche. Eux aussi, ils sont favorables à l'impérialisme.
 
Pour faire obstacle aux sources de survie du capitalisme, nous convoquons tous les citoyens à la désobéissance civile Pacifique et Non violente, à l'auto-organisation pour la défense de la vie, à la construction des autonomies et à hausser la voix pour dénoncer les injustices, à freiner tout genre de violence systématique et à transformer la guerre et la violence en Paix, en justice, espoir et harmonie. Nous condamnons vivement l'incursion des forces armées régionales et fédérales à Cheran et nous dénonçons les actes violents qui ont eu lieu le 15 de ce mois contre les écoles normales indigènes de Cheran, Arteaga et Tripetio, car il s'agit d'une violation de nos autonomies et de la libre détermination.

Par conséquent, nous exigeons :

        Justice aux auteurs matériels et intellectuels du massacre d'Actéal

        Justice et liberté immédiate et inconditionnelle des membres de « Bases de Apoyo Zapatistas », d'Alberto Patishtan, de Francisco Santis et des étudiants de l'école normale de Cheran Keri.
        Respect à la construction de nos autonomies et à la libre détermination.

Non à la mort et à la guerre, oui à la vie, à la Paix, à la Justice entière et vraie et à la lutte Non Violente pour la transformation sociale.

Longue vie aux peuples organisés !
Vive la Paix avec justice et dignité !
Vive la lutte, vive la mémoire, vive« Les Abejas » !

Respectueusement,

La Voix de l'Organisation Société Civile « Las Abejas »
Pour le bureau dirigeant

martes, 20 de noviembre de 2012

Message depuis le Chiapas pour le peuple de Palestine, ...ou quand l'histoire se répète


Voici une partie du discours du Sous Commandant Marcos, le 4 janvier 2009, faite à San Cristobal de Las Casas, Chiapas, Mexico.
Une diatribe con la guerre éclaire menée par israel, contre la Palestine, présentant la modeste et réaliste vision des indigènes face à l'opération "plomb durci" qui aura amené la mort de plus de 1300 palestiniens.

Ce texte est plus que jamais d'actualité...l'histoire reste un eternel recommencement!

SOUTIEN DE LA RESISTANCE ZAPATISTE A LA RESISTANCE PALESTINIENNE
(...)

Les rivières souterraines qui parcourent le monde peuvent changer de cours, mais elles chantent toutes la même chanson. 


Et celle que nous écoutons aujourd’hui chante la guerre et la peine. 

Pas tellement loin d ici, en un lieu qui s appelle Gaza, en Palestine, au Moyen-Orient, ici a cote, une armée fortement armée et entrainée, celle du gouvernement d Israël, continue son avancée de morts et de destructions. 

Les étapes qu elle a franchi sont, jusqu’à maintenant, celles d une guerre militaire classique de conquête : premièrement, un bombardement intense et massif pour détruire les points militaires névralgiques (comme le disent les manuels militaires) et pour ramollir les poches de résistance; après vient le contrôle de fer de l information : tout ce qui s écoute et se voit dans le monde extérieur, c est-a-dire a l extérieur du théâtre des opérations, doit être sélectionné selon des critères militaires : maintenant le feu intense de l artillerie contre l infanterie ennemie sert a protéger l avance des troupes sur de nouvelles positions. Ensuite vient l assaut pour conquérir la position annihilant l ennemi. Ensuite c est le nettoyage des possibles nids de résistance. 

Le manuel de la guerre moderne, avec quelques variations et adaptations, est bien suivi , étape par étape, par les forces militaires d invasion. 

Nous, on ne sait pas grand chose de tout cela, et c est sur qu’ il y a des spécialistes dudit conflit au Moyen-Orient, mais de notre coin du monde il y a des choses que nous tenons a dire. 

Selon les photos des agences de presse, les points névralgiques détruits par l aviation du gouvernement d Israël sont des maisons habitées, des chaumières, des édifices civiles. Nous n avons vu aucun bunker, ni quartier ni aéroport militaire, ou batteries de canons dans ce qui a été détruit. Donc nous autres, pardonnez notre ignorance, nous pensons que, soit les artilleurs des avions visent mal soit il n y a aucun point militaire névralgique à Gaza. 

Nous n avons pas l honneur de connaitre la Palestine, mais nous supposons que dans ce cas, chaumières et édifices abritaient des gens, des hommes, des femmes, des enfants, des vieux, mais pas des soldats. 

Nous n'avons pas vu non plus de poches de résistances, mais seulement des décombres. 

Nous avons vu, oui, jusqu’à maintenant, que de vaines tentatives de contrôle de l information et des gouvernements du monde entier hésitant entre se tenir coi ou applaudir l'invasion et une ONU, toujours aussi inutile – et ce depuis longtemps - envoyant de faibles bulletins de presse. 

Mais attendez! Il se peut aussi que peut être pour le gouvernement d Israël ces hommes, ces femmes, ces enfants, ces vieillards sont des soldats ennemis et, pour cela, les chaumières et et les édifices qu'ils habitent sont des casernes qu'il faut détruire. 
 
Et la garnison ennemie qu'il faut encercler, assiéger et détruire à Gaza, n'est autre chose que la population palestinienne elle-même. Et l'assaut ne sert qu'à anéantir cette population. Et que quiconque, homme, femme, enfant ou vieillard qui cherchent a s'en échapper, à se cacher de 
l'assaut prévisiblement sanglant sera pourchassé par le nettoyage et les mandataires militaires pourront affirmer : mission accomplie. 

Pardonnez de nouveau notre ignorance, peut-être que ce que nous disons ne se produira pas. Et au lieu de répudier et condamner le crime en cours, en tant qu’indigènes et en tant que guérilleros que nous sommes, devrions-nous plutôt discuter et prendre position dans la discussion sur le sionisme ou l antisémitisme ou sur les premières bombes tirées par le Hamas. 

Peut-être que notre pensée est trop simpliste et qu il nous manque les nuances et les annotations toujours nécessaires dans ce genre d analyse, mais selon nous, les Zapatistes, il y a a Gaza une armée professionnelle qui assassine une population sans défense. 

Qui peut, parmi ceux qui sont en-dessous et a gauche, demeurer silencieux ? 

Vous voulez dire autre chose ? Nos cris sont-ils des bombes ? Nos paroles sauvent-elles la vie de quelques enfant palestinien ? Nous, nous pensons que si, c est utile, que peut être nous avons une bombe, que nos paroles se transformeront en escadrons blindes, et empêcheront que cette balle de calibre 5.56mm ou de 9 mm, avec ces lettres IMI (Industrie Militaire Israélienne) gravées sur la base de la cartouche, n'atteigne la poitrine d'une jeune fille ou d'un jeune garçon, parce que peut être nos paroles permettront de nous unir avec d autres personnes du Mexique ou du monde entier et peut-être que ce ne sera en premier qu' un murmure, qui se transformera en voix forte et après en un grand cri qui sera entendu jusqu’ a Gaza. 

Vous ne savez pas vous autres, mais nous, les Zapatistes de l EZLN, savons l importance qu il y a, au milieu de la destruction et de la mort, d'écouter des paroles venues d ailleurs. 

Je ne sais pas comment l expliquer, mais il semble bien que oui, que les paroles d ailleurs peut être ne porteront aucune bombe, mais ouvriront une lézarde dans la chambre noire de la mort et une petite lumière s y infiltrera. 

Pour le reste, passera ce qui doit passer. Le gouvernement d Israël déclarera qu il a assailli un dur coup au terrorisme, cachera a son peuple l ampleur du massacre, les grands producteurs d armes auront obtenu un nouveau souffle économique pour affronter la crise et l opinion publique mondiale, cette chose malléable et toujours a la mode, se tournera vers d autres sujets. 

Mais pas seulement cela. Il se passera aussi que le peuple palestinien va résister et survivre et continuera la lutte, et continuera d avoir la sympathie d en bas pour sa cause. 
[P1060923.JPG]
Et peut-être qu’un ou une enfant de Gaza survivra aussi. Peut-être qu’elle ou il grandira, et avec lui, le courage, l indignation, la rage. Peut-être deviendra-il soldat ou milicien de quelques uns de ces groupes en lutte en Palestine. Peut-être combattra-t-il contre Israël. Peut-être un fusil aura-t-il disparu. Peut-être s immolera-t-il avec une ceinture de cartouches de dynamite autour de la taille. 

Et alors, là-bas, en haut ils écriront sur la nature violente de ces Palestiniens et feront des déclarations pour condamner cette violence et s en retourneront discuter de sionisme et d antisémitisme. 

Et alors personne ne demandera qui a semé ce qu’on récolte. 

Au nom des hommes, des femmes, des enfants et des vieillards de l Armée Zapatiste de Libération Nationale. 

Subcomandante Marcos 
Mexique 4 janvier 2009 

viernes, 16 de noviembre de 2012

depuis le Mexique, soutien à Notre-Dame-des-Landes

Le 25 octobre, dans le cadre de la rencontre/séminaire « Mexique – Europe : ils ne passeront pas », des centaines de personnes se sont réunies au Centre intégral de formation indigène/université de la Terre de San Cristóbal de Las Casas au Chiapas. Parmi les participants se trouvaient des internationaux, des habitants de San Cristóbal de Las Casas et de nombreux paysans et délégués des communautés de Bachajón, de Tila, de la forêt des Chimalapas (Oaxaca) ainsi que d'autres villages et hameaux du Chiapas, venus partager et écouter les expériences de résistance face aux mégaprojets, en Europe et au Mexique. L'initiative de cette lettre de soutien, signée depuis par de nombreuses organisations, personnes et collectifs mexicains, est née dans la foulée de ces rencontres.


DU MEXIQUE, LETTRE DE SOUTIEN À LA LUTTE DE NOTRE DAME DES LANDES

30 octobre 2012
Aux gens de Notre-Dame des Landes et de la France en résistance À l'ACIPA, à l'ADECA, à la coordination des opposants au projet d'aéroport, Aux associations "COPAIN", aux habitants et habitantes qui résistent et À tous les occupants et occupantes de "la Zone à défendre" ZAD, Aux médias alternatifs et sincères, À l'Autre Campagne et à la Sexta Internationale, Aux luttes contre les mégaprojets et pour la défense de la Terre de toutes les parties du monde




Ici, au Mexique, c'est rage et indignation que nous ressentons après avoir
été informés de l'expulsion et de la destruction de maisons, de forêts et
de terres de culture par la police française à Notre-Dame des Landes,
depuis le 16 octobre dernier. Une zone agricole est menacée par le
gouvernement socialiste français et son premier ministre Jean-Marc
Ayrault, qui veut imposer sur ces champs de l'ouest de la France un nouvel
aéroport de taille internationale, et ce malgré l'opposition des paysans
et des paysannes, des jeunes et d'une bonne partie de la population. 

Nous
savons que ce chantier est complètement inutile vu qu'il y a déjà beaucoup
d'aéroports en France, et nous sommes au courant du réchauffement
climatique global provoqué par la multiplication des avions que seuls les
riches peuvent se payer. Nous savons aussi, car ils voulaient l'imposer
aux villages d'Atenco dans l'État de Mexico, que la construction d'un
aéroport entraîne à elle seule la convoitise pour les terres,
l'urbanisation accélérée et l'implantation d'industries dans des zones
encore rurales, où l'environnement a été préservé. Ce que ces projets
amènent, c’est la division et le contrôle social de la population, et
encore une fois ce sont les paysans qui se retrouvent spoliés par des
constructions imposées de force et uniquement destinées aux gens de la
ville ayant beaucoup d'argent.

Malgré l'énorme distance qui nous sépare, nous voulons vous dire que nos
luttes sont semblables : votre lutte est un miroir de la situation de
pillage que nous vivons sur nos terres. Il est important pour nous de nous
informer de ce qui arrive en Europe, parce que ce sont des modèles qu'on
veut nous imposer ici aussi et que nous non plus, nous ne voulons pas
perdre nos terres, nos territoires et nos modes de vie.


Nous voulons vous dire également qu'au Mexique, nous luttons aussi contre
le pillage des terres, comme c’est le cas des communautés de Tila et de
Bachajon au Chiapas, où les terres sont menacées d’être spoliées pour des
projets touristiques, ou bien encore dans l'Isthme de Tehuantepec, où les
terres sont enlevées aux villages indigènes ikoots et binniza, et où sont
imposées des centaines et des milliers d'éoliennes produisant de l'énergie
pour les multinationales et où, tout comme à Notre-Dame des Landes, la
police est envoyée pour surveiller les chantiers ; ou encore à Huexca,
dans l'État de Morelos, où des CRS ont été envoyés il y a quelques jours
pour imposer un gazoduc et une usine thermo-électrique d'une entreprise
espagnole, et cela malgré les risques liés à la proximité du volcan
Popocatépetl ; comme à Atenco, où le projet d'aéroport est toujours
d'actualité ; comme ce qu’il se passe contre les communautés zapatistes au
Chiapas, que le gouvernement veut déposséder des terres récupérées grâce
au soulèvement de 1994 ; comme, enfin, dans des dizaines et des centaines
d'autres villages et de communautés partout au Mexique, où ils nous
dépossèdent de la terre et nous imposent des projets de mort, mines à ciel
ouvert, barrages hydroélectriques, autoroutes, "villes rurales", et tant
d'autres projets de "développement" qui cherchent à en finir avec nos
communautés et nos terres collectives. 


 Ces projets inutiles bénéficient seulement aux entreprises telles que OHL,
ENDESA, GAMESA, EDF, MALL, GOLDCORP, BLACKFIRE, IBERDROLA, MONSANTO, parmi
d'autres. C'est à cause de ces entreprises qu'ils nous répriment et nous
envoient la police et les CRS ; mais aussi qu'ils corrompent, achètent les
élections et imposent des gouvernements, comme cela fut le cas du
président Enrique Peña Nieto et de tant d'autres marionnettes politiques.
Leur cupidité et leur désir sans limites d’imposer ces mégaprojets en
arrivent même à l'ignominie d'instrumentaliser des groupes paramilitaires,
d'imposer les cartels de la drogue et de payer des tueurs à gage pour nous
assassiner.

Partout dans le monde, chaque jour nous voyons plus clairement jusqu'à
quel point peuvent en arriver ceux d'en haut afin de mettre en place des
politiques qui piétinent les peuples au bénéfice du pouvoir économique.
Ils sont capables d'inventer une guerre d'extermination contre tous ceux
qui s'opposent comme nous à leurs plans de mort. Mais chaque fois qu'ils
nous frappent, nous sommes encore plus conscients du système destructeur
auquel ils veulent nous soumettre.



Compagnons et compagnes, nous ne fraternisons pas seulement dans la lutte
contre la répression : nous voyons aussi que nous partageons la même
conscience que notre planète n'appartient pas aux hommes politiques et aux
riches qui sont leurs collègues, mais bien aux peuples et aux êtres
vivants qui l'habitent. Nous partageons aussi la pleine conscience du fait
que nous luttons partout contre ces gouvernements qui se disent
démocratiques mais qui nous imposent ces projets, nous divisent et nous
détruisent pour satisfaire la dictature de l'argent.

C’est pour cela que nous voulons vous donner du courage dans votre lutte,
dans cette étape difficile où ils saccagent vos maisons et vos terres.
Nous voulons vous dire que bien que nous ne soyons pas près de vous, vous
n'êtes pas seuls et seules. Nous sommes très nombreux à lutter jour après
jour contre ces projets de mort pour défendre nos terres, nos territoires
et nos façons d'être, c'est-à-dire pour défendre la vie. Nous sommes très
nombreux à lutter contre les entreprises transnationales et les
gouvernements corrompus. Ce qu’il nous manque seulement, c’est de nous
rencontrer, nous écouter et mieux nous solidariser dans la lutte. C'est le
moment de réfléchir et de nous organiser face à la soumission à laquelle
ils nous condamnent. C'est le moment de nous retrouver sur cette planète
qui se rebelle. 



COMPAGNONS ET COMPAGNES :

NOUS NE SOMMES PAS SEULEMENT QUELQUES-UNS, NOUS SOMMES DES MILLIERS! 
PAS UN PAS EN ARRIÈRE!
NOUS SOMMES AVEC VOUS ! 
À BAS LES PROJETS DE MORT 
¡
VIVE LA SOLIDARITÉ ! 
VIVE LA LUTTE DE NOTRE-DAME DES LANDES ! 
VIVE LA LUTTE CONTRE LES MÉGAPROJETS INUTILES! 

-----------------------------------------------------


Voir le vidéo-message de la Société Civile Las Abejas
Lire le communiqué des Abejas 

-----------------------------------------------------


Signatures: 


COLLECTIFS ET ORGANISATIONS DU MEXIQUE 

Collectif à l’initiative du forum « Mexique - Europe: ils ne passeront pas
»; Front des Villages en Défense de la Terre (FPDT), Atenco ; Assemblée
des Villages Indigènes de l’Isthme en Défense de la Terre et du Territoire
(APIIDT), Isthme de Tehuantepec ; Organisations Indigènes pour les Droits
Humains à Oaxaca (OIDHO), Oaxaca; Communautés Paysannes et Urbaines
Solidaires (COMCAUSA) ; collectif « la Rébellion de Tehuantepec", Isthme
de Tehuantepec ; Groupe Solidaire de la communauté La Venta, Isthme de
Tehuantepec ; Union des Communautés Indigènes de la Zone Nord de l’Isthme
(UCIZONI) ; Radio Communautaire « Las voces de los pueblos » 94.1 Matias
Romero, Oaxaca ; Assemblée Nationale des Victimes Environnementales (ANAA)
; Alliance Mexicaine pour l’Autodétermination des Peuples (AMAP) ;
Mouvement Agraire Indigène Zapatiste (MAIZ) ; Réseau National de
Résistance au prix cher de l’électricité (Mexique) ; Réseau Mexicain
d’Action face au libre-commerce (RMALC) ; Lien Urbain de la Dignité,
Puebla ; Nœud des droits humains, Puebla ; Secteur National Ouvrier et des
Travailleurs de la Ville, des Champs, de la Mer et de l’Air de l’Autre
Campagne ; Syndicat National des Travailleurs d’Uniroyal ; Coalition des
Travailleurs Administratifs et Académiques du Syndicat des Travailleurs de
l’Université Nationale Autonome de Mexico ; Collectif Action intelligente
des chômeurs, étudiants et travailleurs ; Centre autonome d’apprentissage
et de formation politique des travailleurs et travailleuses de l’Autre
Campagne ; Dorados de Villa ; Communauté Autonome Ernesto Guevara de la
Serna ; Communauté Autonome Ollin Alexis Benhumea Hernández ; Secteur des
Travailleurs de l’Autre Campagne-Oaxaca ; La Otra Huasteca Totonacapan ;
Brigade de rue de soutien à la femme "Elisa Martínez", A.C. ; Réseau
Mexicain du Travail Sexuel ; Espace social et culturel LA KARAKOLA
(Mexico DF) ; collectif POZOL, Tuxtla Gutierrez ; Zapateando (média libre
adhérent de l’Autre Campagne) ; Agence d’Information Indépendante
Noti-Calle ; Notilibertas ; émission radio « Les fils de la Terre » ;
revue La Guillotina, Mexico, D.F. ; Croix noire Anarchiste de México ;
Nodo Solidale Mexico ; Collectif Azcapotzalco, Mexico DF ; Coordination
Nationale « Plan de Ayala »-Mouvement National (CNPA-MN) ; Organisation
zapatiste « Education pour la libération de nos Peuples » ; collectif «
Caracol Matlatl », Toluca (Etat de México) ; revue électronique
Désinformémonos ; Kolektivo « de Boka en Boka», San Cristobal (Chiapas) ;
Commune autonome de San Juan Copala, Oaxaca ; Comuneros du village de San
Pedro Atlapulco (Etat de México) ; Centre des Droits Humains Digna Ochoa,
A.C. (Tonala, Chiapas) ; Conseil Autonome de la zone côtière du Chiapas ;
Front civique Tonaltèque AC (Tonala, Chiapas) ; Réseau contre la
Répression et pour la Solidarité – Chiapas. 
 


INDIVIDUS 
Manuel Antonio Ruiz, Lycée communautaire José Martí ; Ricardo Alvarado
(Toluca, México) ; Sonia Voisin (Lyon, Francia), Priscila Tercero,
Adhérantes de l’Autre Campagne ; Gloria Muñoz Ramírez; Marcela Salas Jaime
Quintana ; Sergio Castro ; Adazahira Chávez ; Felix Garcia Lazcarez ; Dr.
Alfredo Velarde Saracho ; Elsa Mocquet, La Milpa, A.C. (San Cristobal,
Chiapas) ; Alèssi Dell'Umbria (Marsella-Oaxaca) 



COLLECTIFS DE SOLIDARITE EUROPEENS 
Groupe B.A.S.T.A., Münster, Allemagne ; Les trois passants, Francia ;
Plate-forme de Solidarité avec le Chiapas et le Guatemala de Madrid,
España; Caracol Solidario, Franche-Comté ; Espoir Chiapas/Esperanza
Chiapas; Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte, Paris
; Collectif Chiapas – Ariège ; Comitat Chiapas – Aude ; Nodo solidale,
Italie; centre social "le Passe-Partout" et « Groupe CafeZ », Liège
(Belgique).

martes, 13 de noviembre de 2012

Miguel Chanteau: Presentacion


Miguel Chanteau: Presentacion


LAS ANDANZAS MIGUEL CHANTEAU




 Miguel Chanteau es el cura "Rojo" frances de Chenalho, el fue expulsado por el gobierno mexicano
un dia antes de cumplir su 70 anos, porque estaba un testigo molestoso de la masacre de Acteal.
Fiel amigo de Andrés Aubry, y del obispo Samuel Ruiz Garcia, vivio mas de 33 anos, en la municipalidad
de Chenalho, en los altos de Chiapas. Espoir Chiapas / Esperanza Chiapas les propone unos extractos 
de su autobiografia ("Las Andanzas de Miguel"), en espanol. Estos extractos dan una vista humana,
concreta y militante de como fue resentido la creacion de la Sociedad Civil Las Abejas y la matanza
Acteal. Nos ensenan igual la poscion de los indigenas, y denuncia de manera muy denunciada la
creacion de los grupos paramilitares.




Presente en Chiapas desde los anos 60, vivio en el corazon de la historia reciente, y violenta de este
estado. La exploitacion de los indigenas, la creacion de la sociedad civil, el congreso indigena, el EZLN,
hasta la guerra de baja intensidad y de contrainsurgencia.

Un hombre sencillo, humilde y combatiente...

A LEER: