sábado, 14 de febrero de 2015

BoCa En BoCa #29 en Français

EDITO

"Si c'est nécessaire, si la cuase est juste,
si c'est pour le bien de mon peuple,
je suis prête à mourir,
parce que nous n'avons pas trouvé
d'autre moyen de rendre justice".
Comandanta Ramona




Il y a beaucoup de peuples qui, pour des questions de dignité, de liberté, de justice, pour le bien des leurs, sont prêts à donner leur vie pour améliorer les conditions de vie des leurs.

Comme nous l'avons vu durant ces derniers mois, les parents, les familles et les ami.e.s des 43 étudiant.e.s disparu.e.s de l'Ecole Normale Rurale Raúl Isidro Burgos, ont réveillé leur conscience pour lutter pour leur peuple, pour ne plus avoir peur, mais ont un seul mot d'ordre: Liberté et Justice.
Les ejidatari@s de San Sebastián Bachajón vivent quelque chose de similaire depuis presque 4 ans et encore plus depuis le 21 décembre passé, défendant leurs terres, territoires, biens communs... pour la Liberté et la Justice.

viernes, 13 de febrero de 2015

Encuentro en CIDECI del 6 al 7 de marzo para lanzar nuevo movimiento x la participacion de las mujeres

El Comité promotor del movimiento en defensa de la tierra y el territorio y por la participación de las mujeres invito a la sociedad civil a constituir su Movimiento en Defensa de la Tierra y del Territorio y por la participacion y el reconocimiento de las mujeres en las decisiones para hacer frente al sistema capitalista de violencia, despojo y muerte que nos afecta como mujeres, como pueblos originarios y campesinas/os. 

Igual convocaron a un encuentro el 6 y 7 de marzo en el CIDECI Unitierra y una marcha el dia 8 de marzo.
Convocatoria
MOVIMIENTO EN DEFENSA DE LA TIERRA Y EL TERRITORIO Y POR LA PARTICIPACION Y EL RECONOCIMIENTO DE LAS MUJERES EN LAS DECISIONES
Las y los integrantes del comité promotor y las organizaciones abajo firmantes invitamos a todas las mujeres y hombres de los pueblos originarios y campesinos de Chiapas y de México, y a todas las organizaciones sociales que trabajan por los derechos humanos y en defensa de la Madre Tierra, a constituir nuestro MOVIMIENTO EN DEFENSA DE LA TIERRA Y EL TERRITORIO Y POR LA PARTICIPACIÓN Y EL RECONOCIMIENTO DE LAS MUJERES EN LAS DECISIONES, para hacer frente al sistema capitalista de violencia, despojo y muerte que nos afecta como mujeres, como pueblos originarios y campesinas/os.

Visite d’une brigade nationale et internationale à San Sebastián Bachajón:


le siège régional est sous menace d’expulsion


Les membres des terres collectives de l’ejido de San Sebastián Bachajón organisés pour la défense de leurs terres sont confrontés à la menace de l’évacuation forcée dans les prochains jours du nouveau siège régional.

Les membres des terres collectives liés aux partis politiques de la municipalité ont annoncé que si, dans un délais de dix jours – qui devrait terminer ce mardi 10 février- les forces publiques n’ont pas procédé à l’évacuation, eux-mêmes vont le mettre en œuvre. C’est ce qu’ont expliqué les compas du réseau contre la répression et pour la solidarité (RvsR) et de différents autres collectifs ayant participé entre les 6 et 8 février dernier à une brigade d’observation à San Sebastián Bachajón.

Durant un moment de partage, les différents brigadistes ont informé les différents médias libres présents ce lundi 9 février à San Cristobal de las Casas sur la situation actuellement traversée par la lutte de l’ejido de San Sebastián Bachajón, ainsi que de leurs expériences et leurs rencontres avec les compas des terres collectives de Bachajón.

Ci-dessous l’audio de la compartición:

jueves, 12 de febrero de 2015

Pantelho se moviliza en contra de los proyectos de minas

Fotos @AreaDeComunicacionDeLasAbejas

El pueblo creyente de la Parroquia Santa Catarina de Pantelho organizo una marcha en la cabecera municipal para anunciar su total rechazo a la venida de la empresa GYMSA que tiene planificado de hacer sus trabajo y servicio geologico para empiezar a construir su proyecto de mina.

Igual en su comunicado anadieron su rechazo al trago y a las drogas.


COMUNICADO DEL PUEBLO CREYENTE
PARROQUIA SANTA CATARINA, PANTELHO’
11 de Febrero de 2015

Nosotros, hombres y mujeres del Pueblo Creyente de Nuestro Señor, hemos venido para decir la verdad sobre los problemas que ya están entre nosotros en estos días, de los grandes empresarios y gobernantes.

miércoles, 11 de febrero de 2015

Peter Stanchev: Autonomie Kurdes et Zapatiste, plus que de simples coincidences

Du Chiapas au Rojava : plus que de simples coïncidences

Traduction de l’article de Peter Stanchev, publié le 6 février 2015 dans Kurdish Question, à partir de la traduction espagnole de Joan Enciam publiée notamment sur le site Portal Libertario Oaca.
Rencontres-DAFLes points communs entre la révolte des zapatistes et celle des kurdes du Rojava avaient attiré mon attention, suite à une implication dans l’organisation d’une tournée de militants de la cause kurde en France en ce début d’année. La tournée a finalement été annulée – ou repoussée? – bien que deux rencontres avec des militants de l’Action Révolutionnaire Anarchiste de Turquie, à l’initiative du Collectif Anarchistes Solidaires du Rojava, soient tout de même prévues sur Paris: le 13 février à la CNT, 33 rue des Vignoles (Métro Avron ou Buzenval) et le 14 février au centre social l’Attiéké, 31 bd Marcel Sembat, Saint-Denis (métro Porte de Paris ou Gare de Saint Denis).

Du Chiapas au Rojava :

plus que de simples coïncidences

rojava24
L’autonomie réunie deux révolutions depuis en-bas à gauche
« « Le pouvoir pour le peuple » ne peut être mis en pratique que lorsque le pouvoir exercé par les élites sociales se dissout dans le peuple »
(Murray Bookchin, Post-Scarcity Anarchism)

La jusqu’il y a peu grande et méconnue ville kurde de Kobané est parvenue à attirer l’attention du monde par sa résistance féroce (1) face à l’invasion de l’État Islamique (EI) et s’est convertie en symbole international, comparé à la défense de Madrid et de Stalingrad.

martes, 10 de febrero de 2015

Brigada internacional para Bachajon afirma que los compas estan en peligro de desalojo

Brigada nacional e internacional visita San Sebastián Bachajón y afirman que la Sede Regional está en peligro de desalojo

Los y las ejidatarias de San Sebastián Bachajón organizados   en defensa de sus tierras están amenazados de ser desalojados de la  nueva Sede Regional de San Sebastián Bachajón en los próximos días. Los ejidatarios partidistas del mismo municipio anunciaron que si en un plazo de diez días, que termina el próximo martes 12 de febrero, las  fuerzas públicas ejecutan el desalojo, ellos mismos van a hacerlo. Así lo  explicaron compañeros y compañeras de la Red Contra la Represión  (RvsR) y de otros colectivos que participaron entre los días 6 y 8 de este  mes en una brigada de observación a San Sebastián Bachajón.
En una compartición, múltiples brigadistas informaron hoy lunes 9 de febrero a varios medios libres en San Cristóbal de las Casas de la situación que vive actualmente la lucha por el ejido de San Sebastián Bachajón, así como de las experiencias que compartieron con los y las compañeras ejidatarias.
Escucha el audio de la compartición:
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Retour sur 1 mois et demi de lutte des comp@s de Bachajon

Mexique / Chiapas : #Bachajón: résistance indigène contre un mégaprojet touristique
par Ricardo Lagunes et Jessica Davies: http://www.jornada.unam.mx/2015/02/07/opinion/013a1pol

Fotos@Valk
La digne lutte des peuples autochtones tzeltal de l'ejido* de San Sebastián Bachajón, adhérents  [en grande partie - ndt] à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone, dans la défense de leur territoire ancestral, la culture, la tradition et de l'identité, est devenue en quelquechose de presque légendaire. Ils ont souffert de l'assassinat de deux de leurs dirigeants communautaires: Juan Vázquez Guzmán, le 24 avril 2013, et Juan Carlos Gómez Silvano, 21 mars 2014, ainsi que la violence, la torture, l'emprisonnement injuste, la disparition forcée , les attaques, les menaces, le harcèlement, l'intimidation et la présence continue de la police, mais sa digne résistance contre la dépossession de leurs terres pour la construction d'un mégaprojet touristique demeure.

le 21 Décembre 2014, plus de 400 ejidatarios ont récupéré pacifiquement les terres d'usage courant dont ils avaient été dépouillé illégalement le 2 Février 2011 par les "trois niveaux de gouvernement" et leurs partisans locaux. La date de la reprise est très symbolique: le deuxième anniversaire de la marche silencieuse des zapatistes et le jour de l'inauguration du Festival mondial de la Résistance et Rebeldías, organisée par le Congrès National Indigène (CNI) et l'Armée Zapatiste de Libération Nacional (EZLN).


lunes, 9 de febrero de 2015

La resistencia indígena de Bachajón frente al megaproyecto turístico


Ricardo Lagunes y Jessica Davies
La Jornada, 7 de febrero, 2015

Fotos @ Valk

La digna lucha del pueblo indígena tzeltal del ejido San Sebastián Bachajón, adherente a la Sexta Declaración de la Selva Lacandona, en defensa de su territorio ancestral, su cultura, tradición e identidad, se ha convertido en algo legendario. Han sufrido el asesinato de dos de sus líderes comunitarios –Juan Vázquez Guzmán, el 24 de abril de 2013, y Juan Carlos Gómez Silvano, el 21 de marzo de 2014– así como la violencia, la tortura, el encarcelamiento injusto, la desaparición forzada, los ataques, las amenazas, el acoso, la intimidación y la presencia policial continua, pero su resistencia digna en contra del despojo de su territorio para la construcción de un megaproyecto turístico sigue vigente.

domingo, 8 de febrero de 2015

"C'est des indigènes que nous devons tout apprendre pour devenir assembléistes"

« À OAXACA IL N’Y A PAS DE DÉFAITE ! »

=> Article de lundi.am
Article original ici

Vous trouverez dans cet article l'interview de l'hebdo virtuel "lundi matin" al Alebrije, figures du soulèvement populaire de Oaxaca et ex prisonnier politique, membre du conseil de l'APPO, assemblée qui a géré la ville d'Oaxaca plusieurs semaines durant la "commune d'Oaxaca", etmembre de VOCAL.

Vous trouverez ici la première partie de l'interview.


Quelques éléments de contexte. 21 ans après le soulèvement zapatiste au Chiapas, 8 ans après la « Commune de Oaxaca », les mouvements pour « l’autonomie et la liberté », indigènes ou non, ne cessent de se démultiplier face à la corruption et l’incurie des partis politiques et des institutions mexicaines, courroies de transmission de la politique étrangère étasunienne et hypocrite paravent des grandes familles de narco-trafiquants. L’Etat mexicain et ses mafias, qui gouvernent de plus en plus au dessus d’un volcan, et le savent, multiplient les stratégies retorses pour maintenir leur hégémonie, entre terreur et équilibrisme législatif. C’est ainsi qu’un même pays qui détenait jusqu’à récemment le triste record du nombre de morts violentes sur dix ans, et qui a fait des « disparitions » à caractère politique une spécialité, compte aussi certaines des dispositions législatives les plus osées d’Amérique Latine en terme de reconnaissance du droit à l’auto-détermination des peuples indigènes.

viernes, 6 de febrero de 2015

documental mujeres sin tierra y sin derechos! Nunca mas!

En México, como en muchos países, las mujeres hemos sido históricamente excluidas del derechos a la tierra lo cual impide no solamente el ejercicio de este derecho, sino que también limita y vulnera otros derechos: la participación en las asambleas, la toma de decisiones comunitarias, una vida libre de violencia, entre otros. 

Esta exclusión tiene acusas y consecuencias relacionadas con el carácter patriarcal del sistema capitalista. Frente a ello las mujeres sabemos que es necesario construir nuestros derechos desde la base y transformando costumbres, leyes y su aplicación. 

Promueve el reconocimiento del derecho de las mujeres a la tierra, desde las propias mujeres y hombres de las comunidades, reconocimiento que, propone se plasme en los reglamentos internos ejidales y comunales.

Este video-documental plantea cómo la lucha por la tierra y en general por todos los derechos de las mujeres, está íntimamente relacionada con una lucha más amplia, la que estamos librando quienes nos sumamos a La Sexta, construyendo una nueva forma de hacer política y un Plan Nacional de Lucha hacia una Nueva constitución.

jueves, 5 de febrero de 2015

Compas de Bachajon de nuevo amenazados de despojo y arestaciones

Los Compas de San Sebastian Bachajon denuncian los medios de paga de difundir mentiras, y aclaran los hechos, pero igual "los tres niveles del mal gobierno" quienes estan preparando "ordenes de  aprensión para desaparecer la organización y desalojarnos de la nueva cede regional".


EN EJIDO SAN SEBASTIAN BACHAJON ADERENTES A LA SEXTA DECLARACION DE LA SELVA LACANDONA. CHIAPAS. MEXICO. A 5 FEBRERO DE 2015


A las Juntas de Buen Gobierno
Al Ejército Zapatista de Liberación NacionalAl Congreso Nacional Indígena
A l@s compañer@s adherentes a la Sexta Declaracion de la Selva Lacandona
A los medios de comunicación masivos e alternativos
A la Red contra la Represión y por la Solidaridad
Al Movimiento de Justicia por el Barrio de Nueva York
A los defensores de derechos humanos nacional e internacional
Al pueblo de México y el mundo



Compañeros y compañeras denunciamos a los tres niveles del mal gobierno porque tenemos informaciones de que están preparando ordenes de aprensión para desaparecer la organización y desalojarnos de la nueva cede regional San Sebastián donde tenemos nuestro espacio para hacer trabajos, talleres y comparticiones, porque al mal gobierno no le gusta que tenemos este espacio de rebeldía porque denunciamos claramente su maña de querer despojar al pueblo de su territorio, pero de una vez le decimos al mal gobierno vamos a defender la cede regional así como vamos a seguir defendiendo las tierras que ha despojado desde el 2 de febrero de 2011 y donde ahora tiene otra vez fuerza pública desde el violento desalojo de 9 enero 2015.

miércoles, 4 de febrero de 2015

BoCa En BoCa #29

“Si es necesario, si la causa es justa,
si es por el bien de mi pueblo,
estoy dispuesta a morir,
 porque no hemos encontrado
otra forma de encontrar justicia”.
Comandanta Ramona





Hay muchos pueblos, que por cuestión de dignidad, de libertad, de justicia, para el bien de su gente, están dispuestos a dar su vida para mejorar las condiciones de vida de su gente.

Como lo hemos visto en estos últimos meses, los padres, familiares y amig@s de los 43 estudiantes desaparecidos de la Escuela Normal Rural Raúl Isidro Burgos, han despertado conciencia de luchar para su pueblo, de no tener miedo sino una sola meta: Libertad y Justicia.

Los ejidatari@s de San Sebastián Bachajón están en lo mismo desde hace aproximadamente 4 años y más aun desde el 21 de diciembre pasado, defendiendo tierras, territorios, bienes comunes… así por Libertad y Justicia.

Descarganlo

Aux portes du Musée de la Corruption.

Aux portes du Musée de la Corruption. 
San Cristobal de las Casas, Chiapas, Mexique, le 2 février 2015 - par ValK <@> collectif bon pied bon oeil 

Toutes les photos: https://www.flickr.com/photos/valkphotos/sets/72157650568501076 



Devant l'ancien grand Palais Municipal, tout de blanc vêtu et cintré de planches blanches, une tente et une femme seule. Elle répond aux questions d'un journaliste. Sa parole est déterminée, sans détours, comme celle des voix multiples qui inondent la peinture blanche autour d'elle. Les planches servent désormais de support éclatant aux revendications du peuple de San Cristobal de las Casas, du Chiapas et du Mexique entier. En lettres rouges, bleues ou noires s'étalent les fautes de ceux d'en haut. Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il y a beaucoup à dire, justement, et que cela interpelle énormément les passant-e-s.

martes, 3 de febrero de 2015

AYOTZINAPA, crime d’État



Par Patxi et Traba

La disparition des 43 étudiants d’Ayotzinapa, a mis fin à la loi du silence qui entourait l’impunité, la corruption et les complicités officielles avec le narcotrafic. Le Mexique se réveille avec des centaines de fosses clandestines sous ses pieds – plus de 22 000 disparus – et crie ¡ basta !


Cette tragédie aura au moins eu le mérite de faire tomber un tabou. Carlos, militant social de la communauté Emperador Cuauhtémoc l’affirme : « Ayotzinapa vient faire rupture, un point de non-retour est atteint et ce qui était vécu comme une fatalité devient insoutenable. » À Chilpancingo, capitale du Guerrero, la place centrale est devenue place forte. La Ceteg1 y a planté ses tentes. Ce puissant syndicat de maîtres d’école est en lutte contre la réforme éducative et apporte sa force de frappe en soutien aux parents des 43 disparus d’Iguala. Pour Adriana, « le Guerrero a toujours été un foyer de subversion, tout particulièrement l’école normale rurale d’Ayotzinapa. Ce n’est pas pour rien qu’elle a pour surnom “le berceau de la conscience sociale”. Voilà pourquoi le gouvernement veut fermer ces écoles. À tout prix. »


Un hélicoptère militaire tourne au-dessus de la place. Une stratégie de la tension qui n’intimide plus personne. Dans le centre, pas un mur sans un slogan rageur. Les édifices publics sont occupés. Jusqu’à la banque a dû fermer ses portes. La ville est en ébullition. Les actions se multiplient. Ce matin, des étudiants ont manifesté le visage couvert d’un foulard. « Nous nous masquons le visage pour ne pas qu’on nous l’arrache »(1). L’autre jour, blocage de l’aéroport. Des édifices officiels ont été incendiés. Des autobus, des véhicules de police réquisitionnés. Les péages de l’autoroute du Soleil quotidiennement occupés. La CETEG interrompt une réunion du PRD(2) et oblige les huiles à défiler dans la rue. Deux politicards sont sommés de porter une pancarte : « Nous sommes les rats du PRD. » Une humiliation publique bien plus forte que des coups.



Le président Peña Nieto dénonce la violence des manifestants et se dit prêt à utiliser la force. Mais la vraie violence, il la porte sous le bras : disparitions, exécutions arbitraires, misère. Iguala est un crime d’État, plus personne n’en doute. Cette disparition trop parfaite n’est pas seulement un dérapage sanglant d’un maire et de ses flics municipaux, associés à quelques mafieux sans âme. Il y a bien une volonté d’État de ne pas faire réapparaître les corps. Et chaque jour amène son lot de soupçons quant à l’implication de policiers fédéraux et de soldats. Le Procureur général de la république (PGR) soutient que c’est le cartel des Guerreros Unidos qui a incinéré les corps dans la décharge de Cocula. Mais au Guerrero, tout le monde s’accorde à dire que la délinquance organisée ne se soucie pas de faire disparaître des corps avec autant de minutie – au contraire, elle a pour habitude de les exhiber pour l’exemple. Le 1erdécembre, la PGR a annoncé l’identification ADN d’un bout de fémur et d’une molaire appartenant à Alexander Mora, un des 43 disparus. Cependant, des scientifiques argentins participant aux recherches ont déclaré que rien n’indiquait que ces restes proviennent de la décharge. On ne peut écarter la possibilité d’une manipulation des militaires ayant découvert les restes(3). Le 11 décembre, un groupe d’universitaires a déclaré que la crémation de 43 cadavres est impossible dans les conditions décrites par la PGR. D’après eux, pour brûler les cadavres il aurait fallu 33 tonnes d’arbres, ou 995 pneus… Sur la porte de l’auditorium d’Ayotzinapa, un texte rappelle qu’un corps ne peut brûler qu’à des températures très élevées, d’où la nécessité d’un four à forte combustion. Mais qui peut posséder un tel four ? Les regards se tournent vers l’armée, seule capable de faire disparaître autant de corps en toute discrétion. Ils en seraient même les spécialistes, la guerre sale des années 1970 l’a démontré.


Pour autant, aucune enquête n’a été diligentée pour élucider le rôle des militaires lors de ce funeste 26 septembre. Pourquoi ne sont-ils pas intervenus alors que le massacre avait lieu à quelques mètres de leur caserne ? La police municipale a-t-elle vraiment remis les étudiants aux narcos ? Une omertà suspecte entoure ces questions. Les parents des disparus dénoncent un crime par omission. À Tixtla, la police communautaire (CRAC-PC(4)) n’hésite pas à déclarer : « Ce n’est plus la peine de chercher les normaliens dans des fosses, des grottes, des ravins. Il est plus que temps de demander à ouvrir les casernes et qu’ils autorisent les parents à inspecter ces lieux. Et si nous devons les accompagner, nous le ferons les armes à la main. »


Bernardo, père de José Angel Campos, un des 43 disparus, parle avec douceur mais fermeté : « Le gouvernement est complice. Il sait où ils sont et qui les détient. Au gouvernement, ils sont TOUS complices de l’enlèvement de mon fils. » Bernardo est un paysan au visage buriné, abrité sous un sombrero de paille. Jusqu’en septembre, sa seule préoccupation était de semer son maïs. Mais l’urgence de retrouver son fils lui a donné la puissance des mots.


Le mouvement populaire a franchi une étape. Depuis la mi-octobre, une quarantaine de mairies sont occupées. La collusion, mise à jour à Iguala, entre cartels, police et classe politique n’est pas un cas isolé. José, prof à Ayotzinapa : « Tout vote que je donnerais à n’importe quel parti serait un vote pour la mafia. » Le Que se vayan todos de l’Argentine de 2001 résonne aujourd’hui au Mexique. Dans la continuité de l’occupation des mairies, cinq communes ont destituées les autorités élues et déclaré la mise en place de Conseils municipaux populaires (CMP).


À Tecoanapa, région Costa Chica, on a instauré un CMP le 29 novembre. L’idée est de mettre en place un fonctionnement dit des us et coutumes en s’appuyant sur les comisarios, représentants désignés par les assemblées communautaires. Il s’agit de prendre en main l’ensemble des attributions d’une mairie. En dehors de tout parti politique. Le palais municipal est gardé jour et nuit, les policiers citoyens de l’UPOEG(5) assurent une vigilance aux accès de la ville pour la défendre des militaires et de la police.

Le CMP doit informer de ce qu’il se passe jusque dans les communautés les plus éloignées. Par ailleurs, la corruption est encore le système-roi. Les voix s’achètent, les assemblées se manipulent, les partis politiques rôdent. Dans la communauté Buena Vista de Tecoanapa, le maire déchu a tenté de bloquer l’assemblée communautaire en payant des personnes pour se prononcer contre la mise en place du CMP. L’enjeu financier est important pour les personnes liées au pouvoir. La tentative a échouée mais la menace reste réelle.


Tlapa de Comonfort, région La Montaña. Le 6 décembre, une assemblée a destitué le député PRD Estebán González. Soumis à unjugement populaire, il a été accusé de manquement à ses obligations envers le peuple et d’être resté silencieux face au crime d’Iguala. Le député a signé sa démission avant d’être libéré et déclaré persona non grata.


La mise en place des CMP, aussi aventureuse qu’elle puisse paraître, donne une continuité à la lutte pour la réapparition en vie des 43 d’Ayotzinapa, mais aussi au combat pour l’autonomie mené par les zapatistes et le mouvement indigène. Depuis les hauteurs de la communauté Emperador Cuauhtemoc, un verre de mezcal posé devant lui, don Roberto le répète : « C’est maintenant qu’il faut changer le système. Si les partis reviennent, nos van a chingar (6). »
Traba et Patxi


(1) En référence à Julio César Mondragón, étudiant d’Ayotzinapa retrouvé le visage et les yeux arrachés.


(2)Parti Révolutionnaire Démocratique (gauche), auquel appartenait José Luis Abarca, le maire d’Iguala.


(3) On vient de révéler que Washington a envoyé des conseillers pour accompagner l’investigation.


(4) Coordination régionale des autorités communautaires – Police communautaire.


(5) Union des peuples et organisations de l’État du Guerrero


(6) « Ils vont nous niquer. »

lunes, 2 de febrero de 2015

Simojovel se movilizara finales de marzo

El Pueblo Creyente de Simojovel anuncia una peregrinacion Via Crucis Cuaresmal del dia 23 de marzo hasta el dia 26, desde Simojovel hasta Tuxtla, pasando por Bochil, Ixtapa y Chiapas de Corzo.